/news/politics

La stratégie de Martine Ouellet réhabilitée

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Après deux courses à la chefferie infructueuse et un passage désastreux à Ottawa, la stratégie de Martine Ouellet de mettre l’indépendance à l’avant-plan sur tous les sujets est au cœur du congrès de refondation du Parti québécois à Trois-Rivières.

Désormais, l’indépendance sera au cœur des actions politiques du PQ, a expliqué la présidente sortante du parti, Gabrielle Lemieux, à l’ouverture de l’événement de deux jours qui vise à faire adopter une Proposition principale qui guidera les futures actions du PQ. Fini, l’éparpillement sur divers dossiers, dit Mme Lemieux.

C’est pourtant la stratégie que l’ex-députée Martine Ouellet a proposée, sans succès, lors des deux dernières courses à la chefferie du PQ.

Aujourd’hui, le chef intérimaire Pascal Bérubé reconnaît que son ancienne collègue «a raison à bien des égards». «Mais il y a la façon de faire», souligne M. Bérubé.

Même le chef du Bloc québécois, de passage au congrès pour galvaniser les troupes lors d’un discours d’ouverture, a reconnu certaines vertus à la stratégie de sa prédécesseure. «Je ne pense pas que Mme Ouellet ait eu tort sur le fond», a dit Yves-François Blanchet.

Le nouveau chef souhaite toutefois modifier «l’approche» de la démarche souverainiste en adaptant le projet à la volonté des Québécois, plutôt qu’en imposant la vision de son parti.

Renaître, comme le Bloc

M. Blanchet avait un message d’espoir pour les péquistes, qui vivent aujourd’hui un congrès de refondation, comme celui qu’a tenu le Bloc québécois en mars dernier, à peine huit mois avant les élections fédérales qui ont triplé sa députation.

«Je pense que le Parti québécois n’a jamais atteint le niveau de difficulté qu’a affronté le Bloc, dit Yves-François Blanchet. Reculons de deux ans, et on va se rappeler des souvenirs qu’on essaie de ne pas avoir trop souvent à l’esprit, d’une part. D’autre part, le Bloc a dû faire l’exercice en huit à neuf mois, alors que le Parti québécois a encore plusieurs années devant lui pour compléter un exercice de refondation et de ralliement.»

Toutefois, même si le PQ a aidé le Bloc québécois lors la dernière élection, selon Pascal Bérubé, pas question pour M. Blanchet de mettre les effectifs de son parti au profit des troupes péquistes.

Pour Pascal Bérubé, le PQ a contribué «de près ou de loin» à l’élection des 32 députés du Bloc québécois, le 21 octobre dernier. «Le Parti québécois était présent, dans l’ensemble des circonscriptions, aux côtés du Bloc québécois», a déclaré le chef intérimaire du PQ lors de son discours.

«Je vais inviter les militants du Bloc québécois à aller militer selon leur conscience et selon leurs convictions. Il va certainement y en avoir un sacré paquet au Parti québécois», a pour sa part répondu M. Blanchet.

Ainsi, le Bloc n’utilisera pas l’organisation qui se créera autour de ses 32 députés pour venir en aide aux neuf élus péquistes en 2022. «Ce n’est pas le mandat d’un parti politique de prendre les équipements d’un parlement, de l’Assemblée nationale ou de la Chambre des communes, et de le mettre au service d’une autre formation politique. Le contraire ne se produirait pas non plus», estime M. Blanchet.