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L’accès à une alimentation saine difficile chez les Premières nations

Agence QMI

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Entre 24 % et 60 % des membres des Premières nations n’ont pas accès à une alimentation saine et suffisante, un taux entre trois et cinq fois plus élevé que la moyenne canadienne, révèle une nouvelle étude.

Plus inquiétant encore: les familles avec enfants sont les plus touchées par l’insécurité alimentaire, apprend-on des chiffres récoltés pendant une dizaine d’années par l’Assemblée des Premières nations, en partenariat avec l'Université d’Ottawa et l'Université de Montréal.

L'Étude sur l'Alimentation, la Nutrition et l'Environnement chez les Premières Nations (EANEPN) explique ces statistiques alarmantes de différentes manières, notamment par les prix beaucoup  plus élevés du panier d’épicerie dans une réserve comparativement à celui dans les grands centres.

Miser sur la nourriture traditionnelle

Pour l’Autochtone moyen, cette réalité rend ainsi difficile l’accès à de la nourriture de qualité.

«L'étude montre que la nourriture traditionnelle demeure l'option la plus saine pour les familles des Premières Nations lorsqu'il est question d'alimentation», a commenté par communiqué Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières nations.

Or, comme le constate l’EANEPN, les aliments qui proviennent de la chasse et de la pêche sont de plus en plus difficiles d’accès pour les gens qui habitent les réserves indiennes.

Plus de la moitié des personnes interrogées indiquent en effet que les changements climatiques et les activités industrielles autour de leur territoire entravent leurs pratiques ancestrales.

Plusieurs autres problèmes

La qualité de l’eau pose aussi problème pour de nombreuses communautés, selon l’EANEPN. Grâce aux échantillons recueillis à travers les 92 communautés choisies au hasard, les chercheurs ont remarqué que les systèmes de traitement des eaux étaient souvent problématiques.

Ils ont notamment trouvé des excès de métaux dans l’eau du robinet ainsi que des résidus de produits pharmaceutiques dans l’eau de surface.

Face à toutes ces données inquiétantes, l’Assemblée des Premières nations a annoncé samedi qu’une nouvelle étude sera menée sur le sujet. Celle-ci s’intéressera plus spécialement à l’impact sur la santé des jeunes des Premières nations.

Dans le passé, plusieurs recherches ont recensé que certaines maladies étaient plus présentes chez les Autochtones que dans le reste de la population.

Comme le rappelle l’Assemblée des Premières nations, le taux de diabète y est deux fois plus élevé que la moyenne canadienne, idem pour le taux d’obésité. Le tabagisme est aussi beaucoup plus rependu chez les Autochtones.