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Retour sur les affaires et accusations impliquant Roman Polanski

Agence France-Presse

Roman Polanski, accusé par une Française de l'avoir violée en 1975, a été mis en cause par d'autres femmes par le passé et reste poursuivi par la justice américaine pour détournement de mineure quarante ans après les faits.

Le 11 mars 1977, Roman Polanski (43 ans) est arrêté, accusé d'avoir drogué et violé la veille Samantha Gailey, une adolescente de 13 ans, lors d'un reportage photo dans la villa de Jack Nicholson à Hollywood.

Dans ses «Mémoires» (1984), il reconnaît une relation sexuelle mais dément le viol.

«J'ai été prise en photo par Roman Polanski et il m'a violée», témoignera dans un livre Samantha, aujourd'hui épouse Geimer.

Devant un grand jury, elle affirme qu'il lui a fait prendre un sédatif avant d'avoir des rapports sexuels avec elle. «Il ne voulait pas me faire de mal (...) mais il ne comprenait pas que j'étais trop jeune. Il ne voyait pas que j'avais peur».

Inculpé le 24 mars notamment pour viol, il plaide non coupable.

En août 1977, pour éviter un procès public, il change de stratégie et plaide coupable de détournement de mineure. En échange, le juge abandonne les poursuites pour viol avec fourniture et consommation de drogue. Un accord juridique est passé avec le consentement de la famille. Roman Polanski est néanmoins condamné à trois mois de prison puis est libéré pour conduite exemplaire au bout de 42 jours.

Mais la veille de l'audience pour homologuer l'accord, le juge fait volte-face, estimant la sentence insuffisante. Roman Polanski, qui a appris qu'il risquait la peine maximum, s'envole pour Paris le 31 janvier 1978.

La justice américaine délivre un mandat d'arrêt international.

Samantha Geimer, à qui le cinéaste a envoyé une lettre d'excuses et versé 225.000 dollars pour mettre un terme au procès civil, réclame à plusieurs reprises l'abandon des poursuites.

Lors de ses voyages à l'étranger, la justice américaine tente de mettre la main sur le réalisateur. La France et la Pologne (il possède la double nationalité) refusent de l'extrader.

Le 26 septembre 2009, il est arrêté à Zurich. Il passe deux mois en prison puis est assigné à résidence pendant huit mois dans son chalet à Gstaad. En juillet 2010, la Suisse rejette finalement la demande d'extradition.

En août 2017, un juge de Los Angeles refuse de clore l'affaire comme le demandaient l'accusé et sa victime.

Le 9 novembre 2019, une Française, Valentine Monnier, accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 en Suisse alors qu'elle avait dix-huit ans, dans un témoignage publié par le journal Le Parisien à quelques jours de la sortie du nouveau film du cinéaste sur l'affaire Dreyfus.

Elle indique ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, prescrits. L'avocat du cinéaste, Hervé Temime, affirme que son client «conteste fermement toute accusation de viol».

En mai 2010, en plein festival de Cannes, l'actrice britannique Charlotte Lewis accuse le réalisateur d'avoir «abusé sexuellement» d'elle lors d'un casting organisé chez lui en 1983, alors qu'elle avait 16 ans.

Une seconde femme, identifiée comme «Robin», l'accuse en août 2017 d'agression sexuelle lorsqu'elle avait 16 ans. Les faits qui auraient eu lieu en 1973 sont prescrits.

En septembre 2017, Renate Langer, une ancienne actrice, dépose une nouvelle plainte pour viol, affirmant avoir été agressée en 1972 à Gstaad alors qu'elle avait 15 ans. La justice suisse déclare ces accusations prescrites.

Les accusations des trois femmes sont «sans fondement», déclarait l'avocat de Roman Polanski en 2017.

«À (sa) connaissance», aucune procédure judiciaire, autre que celle concernant l'affaire Gailey, n'est engagée contre son client, a précisé Me Temine à l'AFP.

Dans la foulée de l'affaire Weinstein, Roman Polanski doit renoncer à présider les César en 2017 sous la pression de féministes.

Le 3 mai 2018, l'Académie des Oscars l'exclut. Le réalisateur, membre de l'Académie depuis 1968, oscarisé pour «Le Pianiste» en 2003, dépose un recours.

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