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Être écolo jusque dans la salle de bain

Étienne Paré | Le Journal de Montréal

Courtoisie | Festival Zéro Déchet

Éviter inutilement de faire couler l’eau du robinet est loin d’être le seul geste à poser pour l’environnement à la salle de bain. De la brosse à dents à la brosse à cheveux en bois, les citoyens sont aujourd’hui suivis par leur conscience écologique jusque dans leur plus stricte intimité.

Tout au long de la fin de semaine, le Festival Zéro Déchet de Montréal a mis de l'avant plein de ces petites actions, qui peuvent faire sourire en apparence, mais dont l’impact environnemental est bien sérieux, assure-t-on.

C'est le cas par exemple des mouchoirs lavables, que l'on croyait disparus, mais qui ont dernièrement fait leur grand retour, ces petits bouts de tissu étant bien entendu beaucoup plus écolos que les vulgaires Kleenex.

Le coton-tige de bois gagne lui aussi en popularité pour les mêmes raisons.

«On a calculé que le nombre de Q-Tips réutilisables qu’on allait prendre dans notre vie était l’équivalent environnemental d’une seule boîte de Q-Tips jetables», a illustré Benoît Deshayes, bénévole responsable des communications pour le festival, qui a attiré plus d’une dizaine de milliers de personnes.

L’événement, qui en était à sa troisième année, est victime de son succès. La moitié des entreprises qui voulaient exposer leurs produits n’ont pu le faire, faute d’espace au marché Bonsecours. Chose certaine, l’an prochain, les organisateurs veulent faire la promotion du bidet, comme substitut à la toilette.

«Le bidet est très connu en Europe, mais même là-bas, il n’était plus très utilisé. Aujourd’hui, ça revient et même ici, on s’en fait beaucoup parler. Oui, ça utilise de l’eau potable, mais une toilette, ça utilise du papier, énormément d’eau et après il y a tout le traitement», a expliqué Benoît Deshayes.

Des produits féminins plus écoresponsables

Les produits d’hygiène féminins prennent eux aussi le virage vert. Alors que la coupe menstruelle, communément appelée «Diva Cup», fait sa marque comme substitut au tampon depuis plusieurs années, une entreprise montréalaise, Mme L’Ovary, a conçu un sous-vêtement absorbant qui permet aux femmes de se passer de serviettes hygiéniques pendant leurs règles.

Comme le détaille Érica Athena Lebrun, cofondatrice de la compagnie, le modèle de jour vient avec une serviette amovible qui peut être retirée et remplacée lorsqu’elle est souillée. La languette doit ensuite être disposée dans un sac anti-fluide.

«Quand on arrive de l’école ou du travail, on a juste à tout rincer à l’eau froide et à mettre ça à la machine. Ça fait donc juste une étape de plus que des sous-vêtements normaux. Pour le modèle de nuit. Tout est cousu à même le sous-vêtement pour éviter qu’on n’ait pas à se changer pendant la nuit», a poursuivi la jeune femme d’affaires, dont le kiosque a obtenu un succès monstre lors du Festival Zéro Déchet.

Pas que pour les hippies

Il faut dire que comme pour les couches lavables, les produits menstruels écolos ne sont plus l’affaire de quelques fervents de la cause.

«Les tampons et les serviettes sont non seulement nocifs pour la planète, ils sont nocifs pour la santé de la femme à cause des produits chimiques qui sont à l’intérieur. Notre produit répond aussi à une demande de confort, comme il est en coton, un tissu qui respire contrairement au synthétique», a ajouté Érica Athena Lebrun, qui soutient que les inquiétudes face aux changements climatiques ne sont plus seulement le propre des «hippies».