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Les dernières 48 heures de la carrière d'Alex Harvey sur Club illico

Alain Bergeron | Agence QMI

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Des statistiques et des podiums attestent déjà les grands moments sportifs d’Alex Harvey, un documentaire révélera maintenant en images et en émotions comment se sont écoulées les dernières heures de sa carrière.

Le Club illico diffusera à compter du 14 novembre «Alex Harvey: le dernier droit», un documentaire qui nous amène dans l’environnement immédiat du skieur durant la dernière prestation de sa carrière, lors des finales de la Coupe du monde de ski de fond, du 22 au 24 mars, sur les plaines d’Abraham, à Québec.

«Je ne veux rien changer!»

Personnage principal de cette création des Productions Déferlantes, Harvey a déjà visionné le produit avant qu’il ne devienne disponible, tantôt avec son père, tantôt avec sa mère, d’autres jours avec sa conjointe et des amis.

«Quand ils ont planifié ce documentaire, le concept prévoyait se concentrer sur les 48 dernières heures de ma carrière. Ça a bien tombé que j’obtienne d’aussi bons résultats à ma dernière fin de semaine. Ça aurait pu être autrement si les résultats avaient été moins bons. C’est comme un couteau à deux tranchants. Ça aurait pu me rappeler un souvenir amer. Mais avec ce qui est arrivé, je ne veux rien changer !», avoue le skieur, qui avait terminé deuxième à l’épreuve en style classique de 15 km le samedi et deuxième à la poursuite de 15 km le lendemain.

La carapace d’un champion

La trame de cette dernière compétition sert aussi de prétexte pour remonter dans le temps. Grâce à des photos et des vidéos de son enfance, dont quelques-unes dont Harvey ignorait l’existence, on revoit l’évolution d’un athlète qui deviendra, le dimanche 5 mars 2017, dans la froide Finlande, champion du monde du 50 km, l’épreuve-reine du ski de fond.

Le grand athlète qu’il est devenu contraste pourtant avec l’image qu’il projetait durant une entrevue après une course lors des Jeux du Québec à Rimouski en 2001. Le jeune Harvey, avec la naïveté de ses 12 ans, répond timidement aux questions aux côtés de sa sœur Sophie et surtout de son célèbre père, Pierre.

«Ça ne change rien qu’on gagne ou qu’on perde, ça compte juste quand on est plus vieux», dit alors Alex.

«Les journalistes ne comprenaient pas», se remémore aujourd’hui le jeune retraité dans un extrait du documentaire où il fait allusion à la pression qu’il a dû subir dès son jeune âge.

«Ça m’avait attristé. En même temps, ça m’a permis de me construire une carapace assez tôt. À partir de ce moment, j’ai toujours gardé le focus sur mes attentes à moi et à faire abstraction du reste», ajoute-t-il.

«Tabaslak que t’es bon»

De sa chambre d’hôtel jusqu’à sa dernière course, Harvey a vécu chaque minute de sa fin de semaine avec une caméra collée sur lui. Au cœur du concept, celle-ci nous conduit jusqu’au terme de sa course du samedi, alors qu’il s’affale sur la neige, exténué et en pleurs.

«Ça faisait 30 secondes que je le voyais couché par terre. Il ne bougeait pas. J’ai sauté par-dessus la clôture», raconte son père dans un extrait.

«Il m’a dit : “tabaslak que t’es bon”. Quand tu es jeune, tu essaies d’impressionner ton père, tu veux être plus fort que ton père. Quand ton père te dit “tabaslak que t’es bon”, ça fait toujours du bien d’entendre ça. Je retiens des larmes en ce moment», avoue le fiston dans la même séquence.

Ses proches ont été invités à peindre le tableau. La plupart défilent : Pierre ; sa mère, Mireille Belzile ; sa conjointe, Sophie Ringuet ; son entraîneur, Louis Bouchard ; et son agent, Denis Villeneuve. Il y a aussi Devon Kershaw, principal complice dans sa carrière avec qui il avait remporté le titre mondial au sprint par équipe en 2011.

«Mon idole a été son père, alors ça me flatte beaucoup d’avoir pu diriger son garçon», émet notamment Bouchard.

«Un coéquipier se remplace, mais pas un meilleur ami», dit aussi Kershaw.

Dès qu’une occasion s’y prêtera, Alex Harvey se promet de revoir à répétition le documentaire, qu’il considère comme un boni sur sa carrière. «J’avoue que j’ai été assez émotionnel en le visionnant...»