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Le procureur qui a condamné «Colosse» Plamondon à la barre

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Plus de 30 ans après les faits, celui qui a fait condamner Yves «Colosse» Plamondon pour trois meurtres, René de la Sablonnière, aujourd’hui juge actif à la Cour du Québec, est venu défendre comment il avait piloté le dossier menant au verdict de culpabilité.  

Visage connu du palais de justice, arborant sa toge de juge depuis 1992, c’est en tant que témoin que René de la Sablonnière s’est présenté dans une salle de cour, lundi matin. L’ancien procureur de la Couronne avait porté les trois chef d’accusations de meurtre contre Plamondon pour lequel il a fait 28 ans de prison.      

L’ex-procureur est entendu dans le cadre de la poursuite de 35M$ de Plamondon contre le Procureur général du Québec, à la suite de l’abandon des accusations en 2014. M. de la Sablonnière a d’abord raconté comment il était entré dans le dossier, quand Colosse avait été accusé d’extorsion à l’endroit de l’ancien Joueur des Nordiques, Serge Bernier.

«En 1985, Yves Plamondon pour moi ça ne me dit rien», a dit le témoin, qui a ensuite été chargé de rencontrer le délateur, André «Bull» Desbiens, qui avait confessé un total de 13 meurtres.      

En échange de sa mise à table, Desbiens a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à sept ans de détention. Un sous-ministre de la justice avait dit au procureur quand est venu le temps de valider la crédibilité du délateur; «Si toi tu ne peux pas avoir confiance au délateur, comment on peut demander à un jury d’avoir confiance». Le procès avait évidemment eu lieu, puis Plamondon reconnu coupable.      

Droit nouveau  

L’ex-procureur a expliqué comment, à cette époque où la Charte des droits et libertés venait d’entrer en vigueur, le droit était différent par rapport à qu’aujourd’hui. Aucune divulgation de preuve n’était alors faite de la part de la Couronne.      

Dans le cadre de ce procès, Me de la Sablonnière a tout de même consenti à faire une divulgation de preuve de huit pages. Le témoin fait aussi état que «certains témoins ont une peur terrible» de représailles, même si Plamondon est sous verrou.      

La cause est d’ailleurs transférée à Montréal, le juge craignant de ne pas avoir un jury impartial pour ce dossier ultra médiatisé.         

Dans sa description du délateur, René de la Sablonnière le présente comme un homme avec «une intelligence limitée et un vocabulaire limité». En faisant le résumé de son témoignage au procès, M. de la Sablonnière a toutefois mentionné que «Bull» Desbiens ne s’était pas contredit malgré deux jours de contre-interrogatoire.      

M. de la Sablonnière a fait mention de plusieurs éléments de preuve qui venaient crédibiliser à la version du délateur, par exemple le fait que le père de Colosse Plamondon avait déjà loué le chalet où le corps de la victime Claude Simard a été retrouvé à Lac-Beauport, ou encore des enregistrements téléphoniques qui avaient été mis en preuve.

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