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Les pharmaciens manquent déjà de vaccins contre la grippe

Hugo Duchaine

 - Journal de Quebec

Vaccin Senior

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Les pharmaciens du Québec s’impatientent pour obtenir le droit d’immuniser des patients contre la grippe et réclament du même coup plus de vaccins disponibles.

«L’approvisionnement en vaccins cette année a été une catastrophe», dénonce le président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, Jean Thiffault.

À peine 10 jours après le début de la campagne provinciale de vaccination, des pharmacies sont déjà en rupture de stock, alors que d’autres n’ont rien reçu, dit-il.

Des commerces offrent des plages horaires pour qu’une infirmière puisse vacciner les personnes admissibles à recevoir le vaccin contre la grippe gratuitement. Il s’agit des gens de 75 ans et plus, ou les enfants ou adultes atteints de certaines maladies chroniques, par exemple.

Ces vaccins, les pharmacies les reçoivent des différentes directions de santé publique de leur région. Mais c’est différent d’une région à l’autre, déplore M. Thiffault, qui voit beaucoup de résistance.

«Les plages horaires se remplissent très rapidement, le facteur limitant est la quantité de vaccins que le pharmacien peut commander», soutient-il.

Selon lui, les pharmaciens pourraient facilement vacciner de 25 à 40% plus de patients s’ils avaient accès à plus de doses.

Pas de pénurie

Du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, qui commande les millions de doses de vaccin contre la grippe, on répond qu’il n’y a pas de pénurie.

La porte-parole Marie-Claude Lacasse explique que le gouvernement a reçu l’entièreté de sa commande, qui a été acheminée dans chaque région, qui gère à son tour où sont acheminés les vaccins.

Le recours aux pharmacies sert surtout à désengorger le réseau, pour éviter que tous les patients ne se rendent dans les CLSC, par exemple.

Pour les Québécois non admissibles au programme de vaccination, mais qui souhaitent payer pour être immunisés, les pharmacies s’approvisionnent chez un grossiste. Le gouvernement n’est pas responsable, souligne le ministère.

M. Thiffault reconnaît que l’approvisionnement a aussi été difficile de ce côté.

Droit de vacciner

«Ça retarde, on l’attend», poursuit M. Thiffault, au sujet du droit des pharmaciens de donner eux-mêmes le vaccin.

Le Québec est la seule province qui ne le permet pas encore. L’hiver dernier, le gouvernement Legault avait annoncé son intention de modifier la loi pour le permettre.

L’objectif était de rendre la vaccination plus accessible, compte tenu du grand nombre de pharmacies, soit près de 2000, et de leurs heures d’ouverture.

Les pharmaciens regrettent que le projet de loi en ce sens, déposé en juin à l’Assemblée nationale, n’ait toujours pas été adopté.

Plus de 1200 pharmaciens ont déjà suivi la formation sur la vaccination et sont en mesure de le faire, fait valoir leur association.

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