/news/law

Dans la rue avec une arme chargée à bloc

Kathleen Frenette

 - Journal de Quebec

Capture d'écran, Facebook

Un homme qui se baladait dans les rues de Québec avec, dans son pantalon, une arme «prohibée et chargée» a eu beau invoquer le «cancer en phase terminale» de sa mère pour être remis en liberté, rien n’a réussi à ébranler le juge qui l’a gardé détenu.

Jonathan Ferland, 33 ans, a très peu d’antécédents criminels. Il y a sept ans, il a été trouvé coupable d’avoir allumé un incendie et, en 2006 il a écopé d’une amende à la suite d’un méfait.

Pourquoi, le 7 novembre dernier, alors qu’il était de passage à Québec avec sa copine pour venir soutenir sa mère atteinte d’un cancer, se promenait-il avec une arme chargée? C’est la question que le juge Jean Sirois s’est posée pendant que dans la salle, la copine de Ferland fondait en larmes.

«Y’a un gun»

Le soir des évènements, pour une raison inexpliquée, l’accusé, fortement intoxiqué par l’alcool, et qui ne connaissait pas les victimes, s’est retrouvé à frapper dans les fenêtres et dans la porte d’un groupe d’amis qui avait loué un appartement aux Lofts de la Cité.

«À deux occasions, il a braqué son arme sur l’œil magique de la porte de l’appartement. Les gens qui se trouvaient à l’intérieur ont eu très peur et ils ont crié  y’a un gun, y’a un gun, avant d’appeler les policiers», a expliqué la procureure aux poursuites criminelles et pénales Me Mélanie Tremblay.

Rencontrée par les enquêteurs du SPVQ, l’amoureuse de Ferland, Laurie Hamelin, a expliqué aux policiers que son copain se promenait avec une arme «parce que ça brasse dans le milieu», que «Jonathan avait un passé», et qu’il devait «se protéger».

Pourtant, l’homme a mentionné à la Cour être ferblantier de métier et travailler pour une firme de construction de Montréal.

Phase terminale

L’avocat de la défense Me Simon Roy, a également tout tenté pour convaincre le magistrat d’accorder à son client la remise en liberté, tout en soulignant que celui-ci faisait face à de «très graves accusations» et qu’il «risquait l’emprisonnement».

«Sa mère a 50 ans. Elle est en phase terminale... Les garanties que nous vous offrons sont sérieuses. Je vous demande donc de leur donner une chance de vivre ces derniers moments», a laissé tomber Me Roy, ce qui n’a pas eu l’air d’ébranler le juge.

«Votre client a pété les plombs pour pas grand-chose et menacé deux personnes avec une arme chargée. Ça démontre une dangerosité et un risque pour la société que le Tribunal n’est pas prêt à prendre», a dit le magistrat avant d’ordonner la détention.