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Inquiétudes concernant les services offerts par la DPJ sur la Côte-Nord

Gilles Turmel | TVA Nouvelles

La présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse qui se déroule à Sept-Îles cette semaine s'inquiète des services offerts par la DPJ sur la Côte-Nord. Régine Laurent a demandé à une responsable de rassurer la population devant les problèmes des dernières années.

La directrice du programme jeunesse du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord (CISSS) de la Côte-Nord, Anne Tremblay, est venue confirmer les difficultés auxquelles fait face son organisation: liste d'attente, manque de place en hébergement, pénurie de main-d’œuvre. Elle a évoqué une série d'initiatives qui seront mises en place pour améliorer la situation.

Mais la présidente de la commission Régine Laurent s'est étonnée que depuis la réforme du système de santé, la situation se soit détériorée.

«Êtes-vous capable de dire aux familles et aux enfants quand ça va aller mieux? Pourquoi parle-t-on de solutions futures, cinq ans plus tard. Dites-leur quand ça va être correct et qu'ils vont avoir les services?» a dit Mme Laurent.

«Vous me dites qu'on a une vision uniquement vers le futur, a expliqué Anne Tremblay. Il y a beaucoup de travaux qui ont été faits depuis le début de la réforme. Tout n'a pas été fait, il a encore des améliorations à faire.»

Les audiences ont par ailleurs permis de soulever les problèmes de communication entre des intervenants de la DPJ et le système scolaire. La représentante d'une commission scolaire a fourni cet exemple où un jeune a été laissé à lui-même pour un retour à l'école.

«L'intervenante de la DPJ décide que le jeune doit se scolariser, n'avise pas les gens du centre jeunesse et n'avise pas la direction de l'école. Le jeune a 17 ans. Il est venu lui-même s'inscrire à l'école», a expliqué Manon Couturier, directrice des services éducatifs de la Commission scolaire de l'Estuaire

Une avocate de l'aide juridique Kim Chiasson a par ailleurs témoigné d'un manque de ressources généralisé. Elle s'inquiète des délais pour l'évaluation des jeunes en pédopsychiatrie. «Si un jeune a besoin d'un suivi psychologique, et que ça tarde à être fait, le jeune n'a pas réponse à ses besoins et c'est là que ça peut avoir des conséquences sur le bien-être du jeune.»

Le témoignage de la mairesse de Blanc-Sablon, Wanda Beaudoin, a permis de mettre en lumière une réalité des communautés isolées. Elle a raconté une situation où les responsables d'un camp de vacances n'ont pas pu faire de signalement à la DPJ pour un possible cas de négligence.

Il semblait y avoir un problème de disponibilité d'un intervenant anglophone à la DPJ.

Ce sont les moniteurs du camp, âgés de 14 à 15 ans, qui ont fait le signalement, mais à des agents de la Sûreté du Québec.

«C'est quand même des jeunes, a dit M. Beaudoin. C'est eux qui sont allés faire un témoignage à la Sûreté du Québec pour que la Sûreté du Québec fasse un signalement. Eux, ils avaient la crainte et la peur d'être en confrontations avec les parents de ces enfants-là.»

Les audiences se poursuivent mercredi avec le témoignage de policiers de la Sûreté du Québec et de la directrice de la protection de la jeunesse de la Côte-Nord.