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Le procureur de l’époque convaincu des aveux du délateur

Nicolas Saillant | Journal de Québec

Quebec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Le procureur de la Couronne de l’époque était convaincu que le délateur vedette André «Bull» Desbiens disait la vérité sur les trois meurtres qu’il imputait à Yves «Colosse» Plamondon.

En 1985, lors de son arrestation, André «Bull» Desbiens est suspecté de neuf meurtres. En échange de ses aveux notamment sur trois meurtres qu’a commis Yves Plamondon au début des années 80, dont celui de Claude Simard en août 1985, Desbiens a pyu plaider coupable à des homicides involontaires lui permettant de faire seulement sept ans de prison.

Le procureur de l’époque et aujourd’hui juge actif à la Cour du Québec, René de la Sablonnière, avait le mandat de s’assurer de la véracité des aveux du délateur avant de l’amener dans la boite des témoins. Après l’avoir interrogé pendant deux heures, le procureur de Plamondon Léo-René Maranda avait contre-interrogé Desbiens pendant deux jours.

Au terme de cet exercice et «à sa grande surprise», René de la Sablonnière était convaincu plus que jamais des aveux du délateur. «Quelqu’un qui ne disait pas la vérité n’aurait jamais passé à travers ça». L’ex-procureur  a expliqué que Me Maranda avait comme stratégie de sauter du coq à l’âne entre les différents meurtres afin de mêler le témoin.

«Connaissant le niveau intellectuel de Desbiens, il a témoigné de façon exemplaire», a ajouté M. de la Sablonnière en répétant comment l’avocat de la défense avait été «habile».

Peur d’y passer

L’une des théories de l’avocat de Plamondon lors du procès en 1986 était que Desbiens s’était mis à la table en imputant les meurtres à Plamondon parce qu’il se savait piégé par la preuve policière. 

Au contraire, M. de la Sablonnière a indiqué que le délateur avait dénoncé Yves Plamondon après que son frère, Marc Plamondon, l’ait accusé à tort de lui avoir volé 12 livres de haschich. L’hypothèse du délateur était que si Plamondon avait tué des revendeurs, dont Simard, pour une petite dette de drogue, Colosse n’hésiterait pas à le liquider pour une dette aussi importante. 

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