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Les microbrasseries veulent l’accès aux marchés publics

Diane Tremblay | Journal de Québec

Alors qu’il est de plus en plus difficile de se tailler une place sur les tablettes des détaillants, les microbrasseries du Québec veulent avoir accès aux marchés publics pour favoriser le développement de leur industrie.

«C’est quelque chose que l’on souhaite pouvoir faire, aller rencontrer les consommateurs dans ces lieux-là. Les producteurs de cidre, de vin et de petits fruits y ont droit, mais pas nous. Ça fait partie de nos revendications», a fait part Marie-Ève Myrand, directrice générale de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) qui tient son congrès annuel à Québec jusqu’à mercredi.

Le 1er novembre 2019, on comptait 244 entreprises dans l’industrie par rapport à 218 en 2018. Si la progression du nombre de joueurs est constante, force est de constater que les enjeux pour assurer sa pérennité le sont tout autant.

Une industrie très encadrée

«On compte plus de 33 règlements qui viennent nous encadrer. Souvent, ces lois-là ont été mises en place alors que les microbrasseries n’existaient même pas. Ce n’est plus adapté», a continué Mme Myrand.

En dépit des obstacles rencontrés, l’industrie s’est développée à un bon rythme au fil des ans. En 2010, par exemple, les microbrasseries occupaient 5,7% de part de marché dans les ventes de bière au Québec.

Les statistiques officielles les plus récentes, qui remontent tout de même à 2016, font maintenant état de 11% de parts de marché, ce qui ne reflète pas la réalité, estime Mme Myrand.

«Je m’attends plus à ce que ce soit autour de 12% ou 13%», a ajouté la directrice générale qui déplore que le gouvernement ne soit pas plus actif à colliger les données.

Certains acteurs estiment que les microbrasseries ont tout le potentiel nécessaire, au Québec, pour atteindre les 25% de parts de marché au cours des prochaines années. Mme Myrand croit que c’est faisable.

«Au Vermont, les microbrasseries détiennent 25% des parts de marché. En Oregon aussi. Je ne vois pas pourquoi on ne serait pas capable d’atteindre ça au Québec. On a la chance d’avoir une industrie qui est bien implantée, qui est professionnelle et qui offre des produits de qualité. (...) Dans un horizon de 10 ans, je pense que c’est quelque chose de réaliste.»

Produit d’appel

La production de bière au Québec génère près de 758 M$ au PIB annuellement et crée environ 5000 emplois directs. Les microbrasseries, qui sont très présentes dans plusieurs petites localités, représentent souvent un produit d’appel pour le tourisme.

«La scène brassicole québécoise n’a rien à envier à ce qui se passe ailleurs dans le monde», a ajouté Sébastien Gagnon de la Brasserie Dunham.

Le tiers des microbrasseries sont situées dans des villes de moins de 10 000 habitants.

L’AMBQ, dont les membres sont assujettis à des droits d’accise et à la taxe spécifique du Québec, demande aux gouvernements de revoir la modulation par tranche de volume de production afin de soutenir les entreprises à faible volume.

«Le premier palier est à 75 000 hl. J’ai deux microbrasseries à travers l’ensemble de mes membres dont la production est au-delà de ça. Nous, on souhaiterait une modulation qui est plus petite pour prendre en considération la réalité des plus petites microbrasseries», ajoute en terminant Mme Myrand.

Près de 750 personnes participent au congrès qui se déroule jusqu’à mercredi.

L’évolution du nombre de permis :

  • 2019 : 244 entreprises

  • 2018 : 218

  • 2017 : 190

  • 2016 : 166

  • 2015 : 131

  • 2014 : 122

  • 2013 : 105

  • 2012 : 102