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Trudeau convoque la Chambre le 5 décembre

Agence QMI

Justin Trudeau vivra son premier test le 5 décembre alors qu'il tentera de faire approuver le discours établissant les priorités de son gouvernement minoritaire par la chambre des Communes.

Le premier ministre réélu a convoqué, mardi, l’ensemble des députés élus lors de l’élection du 21 octobre à siéger au Parlement le 5 décembre, jour choisi pour le dévoilement du discours du Trône.

L’allocution, qui sera prononcée au Sénat par la gouverneure générale Julie Payette, fera l’objet d’un vote de confiance des élus fédéraux dans les jours qui suivront.

«Nos priorités vont être le coût de la vie, la croissance pour la classe moyenne et la lutte aux changements climatiques», a dit M. Trudeau.

Réélus à la tête d’un gouvernement minoritaire, les 157 députés libéraux auront besoin d’appuis en provenance des bancs des partis d’opposition pour obtenir la confiance de la Chambre.

M. Trudeau multiplie d’ailleurs les tête-à-tête avec les leaders des autres formations politiques tout au long de la semaine. Mardi, il a rencontré le chef conservateur Andrew Scheer. Il aura sa réunion avec le leader du Bloc québécois Yves-François Blanchet mercredi et celle avec le néo-démocrate Jagmeet Singh jeudi. Il terminera son blitz de rencontres vendredi avec Elizabeth May, ex-chef et leader parlementaire des verts.

Des discussions «collaboratives» avec Scheer

«Nous avons trouvé quelques terrains d’entente, comme pour les baisses d’impôts pour les nouveaux parents», a lancé le chef conservateur, mardi, en sortant du bureau de M. Trudeau. M. Scheer faisait référence à la promesse électorale des conservateurs de rendre non-imposables les prestations d’assurance-emploi reçues durant les congés parentaux.

Les deux chefs de partis se sont aussi entendus, durant leurs «discussions collaboratives», sur l’importance d’apporter des baisses d’impôts universelles. Sur d’autres enjeux, toutefois, peu de place semble avoir été laissée pour les compromis.

C’est notamment le cas au chapitre des projets énergétiques. Le chef conservateur continue, par exemple, de demander l’abandon des lois C-69 et C-48, qualifiées d’anti-pipelines par bon nombre d’intervenants du secteur pétrolier. Ces deux pièces législatives, adoptées durant le premier mandat de Justin Trudeau, resserrent le processus d’évaluation environnementale de grands projets énergétiques et limitent le transport de pétrole brut au long de la côte de la Colombie-Britannique.

Or, c’est surtout sur la question d’unité nationale que M. Scheer a insisté. «Nous avons parlé du besoin d’une concertation sur l’unité de ce pays parce qu’il y a beaucoup de division en ce moment et les gens de l’Ouest veulent voir le progrès sur les grands projets d’énergie», a-t-il dit.

D’ailleurs, le premier ministre de la Saskatchewan Scott Moe rencontrait aussi M. Trudeau mardi. Ce dernier en est ressorti insatisfait, promettant de réclamer davantage d’autonomie provinciale.

Tendre la main à l’Ouest?

Rappelons que les libéraux ont été rayés de la carte électorale en Saskatchewan et en Alberta et doivent établir comment ils peuvent assurer une représentation de ces provinces des Prairies à la table de discussions, voire au sein du conseil des ministres.

M. Trudeau rencontrera d’autres homologues provinciaux dans les semaines à venir. Son rendez-vous avec François Legault n’avait pas été fixé, mardi, mais une source libérale a indiqué que celui-ci ne risque pas de survenir d’ici la semaine prochaine.