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Culture de cannabis: À quoi s’expose Guy Laliberté?

TVA Nouvelles

Le milliardaire québécois, Guy Laliberté, a été arrêté en Polynésie française pour culture de cannabis sur son île privée. S’il devait être accusé après enquête policière et examen des preuves, à quelle peine s’exposerait-il?

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Laliberté, 60 ans, s’est rendu de lui-même aux autorités de ce territoire français situé dans le Pacifique Sud. Le fondateur du Cirque du Soleil a été mis en garde à vue par les autorités. La justice polynésienne cherche à savoir si la drogue a fait l'objet d'un trafic.

Guy Laliberté sera présenté au juge d’instruction qui écoutera son témoignage et ensuite prendra une décision d’aller ou non de l’avant avec le processus judiciaire. Me Ilana Amouyal, spécialisée en droit pénal et criminel, explique les choix du juge d’instruction.

«Il pourrait décider d’un non-lieu, c’est-à-dire que l’affaire s’arrête là. Guy Laliberté est remis en liberté et on passe à autre chose», formule M. Amouyal.

Le magistrat pourrait aussi porter des accusations contre le Québécois, ces accusations pourraient être d’ordre délictuel ou criminel.

Selon un communiqué de sa société, Lune Rouge, «Guy Laliberté se dissocie complètement de toute rumeur l'impliquant de près ou de loin dans la vente ou le trafic de stupéfiants.» M. Laliberté assure utiliser ce cannabis à des fins «médicales» et «strictement personnelles» poursuit le communiqué.

«Il se défend en disant que c’est pour sa consommation à des fins médicinales. La consommation serait un délit pour lequel la peine maximale encourue est de 10 ans et 75 000 euros d’amende», fait savoir Ilana Amouyal.

7,5 millions d’euros d’amende

Si c’est du trafic, les choses se compliquent. «Il ne faut pas nécessairement en avoir vendu, mais s’il en a cédé à d’autres personnes, ça peut être considéré comme du trafic même s’il ne touche pas d’argent en retour. C’est criminel. C’est 10 ans maximum de prison et 7,5 millions d’euros d’amende», précise l’avocate.

Il y a quelques semaines, les policiers ont interpellé un proche du milliardaire québécois en possession de drogue et trouvé des photos des plantations dans son téléphone portable.

Le pakalolo (nom polynésien du cannabis) était cultivé dans un conteneur fermé à clé. «À Nukutepipi, tout le monde le sait», a affirmé à l'Agence France-Presse un des 120 employés de cette île privée du Pacifique, située dans l'archipel des Tuamotu, qui a souhaité rester anonyme mais qui a évoqué «plusieurs dizaines de plants de paka».

20 ans de prison

«Si c’est de la fabrication et de la production, on semble plus dans ce cas-là, c’est criminel aussi et là c’est un maximum de 20 ans de prison et aussi 7,5 millions d’euros d’amende. Il n’y a pas de peine minimale», formule Me Amouyal.

Ce que les autorités semblent reprocher à Guy Laliberté se serait déroulé sur son île privée. Est-ce que ça change quelque chose par rapport à la loi française qui a cours en Polynésie? «Ça ne change rien, ce sont les mêmes lois. Sinon, c’est comme si je vous disais: "J’ai le droit de tuer" par ce que je suis sur une île déserte», illustre l’avocate.

Le sort du milliardaire est donc entre les mains du juge d’instruction. Il est en garde à vue pour 24 heures, renouvelables à 48 heures pour un maximum de 96 heures. Guy Laliberté est gardé en détention auprès des policiers pour qu’ils puissent procéder à son interrogatoire au besoin.