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Le froid et l’itinérance : «La situation est de plus en plus difficile»

TVA Nouvelles

L’hiver arrivé prématurément ne facilite pas la vie aux personnes en situation d’itinérance pour qui les ressources débordent déjà.

Visionnez l'entrevue complète ci-haut

En entrevue à LCN, le commissaire aux personnes en situation d’itinérance, Serge Lareault, réclame des mesures à longueur d’année pour le nombre croissant d’individus qui se retrouvent à la rue.

«En 2018-2019, on a noté une hausse de 12% de l’itinérance visible. On la voit, on la sent» explique-t-il à Michel Jean, à LCN.

Cette itinérance visible compte environ 3 500 personnes uniquement à Montréal, alors qu’à l’année longue, ce chiffre peut atteindre les 10 000.

L’année dernière, au moment où l’hiver battait son plein, la Mission Brewery à Montréal a même dû héberger 50 hommes dans la cafétéria du refuge.

Les raisons qui expliquent cette hausse d’année en année sont diverses, selon M. Lareault : le taux de vacances des logements qui est très bas, la maladie mentale et la toxicomanie grave, pour ne nommer que ceux-là.

Plus de gens dans la rue, plus de ressources?

D’après Serge Lareault, les ressources augmentent à chaque année et les mesures hivernales seront à leur plein potentiel au 1e décembre.

De nouvelles ressources viennent d’ailleurs s’ajouter à celles existantes, comme l’unité de débordement de l’hôpital Royal-Victoria qui ouvrira ses portes le 1e décembre avec deux fois plus de lits que l’année dernière, une 2e navette de transport ainsi qu’une deuxième halte-chaleur.

Néanmoins, ces mesures ne seraient pas suffisantes, selon l’expert qui intervient en itinérance depuis plus de 25 ans.

«Il faut avoir un nombre de lits suffisant à longueur d’année. (...) Ce n’est pas normal que des personnes dorment dans la rue, que ce soit l’été ou l’hiver» soutient-il.

Agir plus tôt?

Avec des températures en deçà des normales saisonnières aussi tôt en novembre, plusieurs se demandent si les mesures en place pour les personnes en situation d’itinérance sont disponibles assez tôt dans l’année.

À cet effet, la mairesse de la Ville de Montréal, Valérie Plante, aurait déjà rencontré la ministre de la Santé, Danielle McCann, pour instaurer des mesures à l’année.

«Valérie Plante voudrait mettre fin aux mesures hivernales. Entre vous et moi, ceux qui restent dans les unités de débordement c’est les grands toxicomanes, les personnes aux prises avec des maladies mentales» explique M. Lareault.

«Une absence de choix»

Les personnes en situation d’itinérance choisissent-t-elles vraiment de rester dans la rue? Pas selon M. Lareault.

«Ils dorment dehors parce qu’ils ne sont pas bien dans les ressources actuelles. Les grands toxicomanes ne sont pas dans les refuges parce qu’ils tombent en sevrage si ils sont enfermés toute la nuit.»

La solution à ce problème s’appelle les Services de consommation supervisés d’alcool ou communément appelé les «wet shelter» qui sont en réalité des refuges adaptés aux grands alcooliques.

Cette offre thérapeutique offre un verre d’alcool par heure à sa clientèle, les préservant ainsi qu’un possible sevrage. Cette méthode qui a fait ses preuves à plusieurs endroits dans le monde fonctionne très bien avec les grands buveurs d’alcool qui sont incapables d’arrêter, toujours selon Serge Lareault.

 

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