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Maltraitance des enfants: la SQ à Sept-Îles serait parfois informée trop tard

Alexandre Cantin | TVA Nouvelles

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ) a entendu mercredi le responsable des enquêtes au poste de la Sûreté du Québec de Sept-Îles. José-Marcos Viégas a affirmé que des enquêtes policières sur de possibles cas de maltraitance ont été abandonnées parce que les policiers avaient été avisés trop tard.

La cité, au troisième et dernier jour des audiences sur la Côte-Nord, le cas d'un enfant possiblement agressé par un adolescent.

Un signalement a été fait par un citoyen deux jours après les événements, mais les policiers n'ont été avisés que 15 jours plus tard. Conséquence: il était trop tard pour prélever des échantillons avec une trousse médico-légale.

L'enquêteur de 20 ans d'expérience a fourni un autre exemple. Un médecin d'une urgence a constaté des brûlures sur un enfant.

«Le signalement a été fait le vendredi par le médecin de l’urgence qui a tout de suite suspecté un cas d’abus. L’enfant a été transféré à Québec. Nous avons été contactés par un médecin de la clinique sociojuridique du CHUL le lundi matin pour savoir où était rendue notre enquête. Pour notre part, nous n'avons reçu aucun appel de la DPJ. On n’était pas au courant du dossier. Quand on a obtenu le mandat pour faire l'analyse de la scène, le ménage avait été fait. On a été en rattrapage tout le long de notre enquête et, malheureusement, on n’a pas été en mesure de faire soumettre des accusations contre le suspect.»

Selon la directrice de la protection de la jeunesse de la Côte-Nord, Marlène Gallagher, le contexte actuel où la légitimité d’agir des intervenants est remise en question rend le recrutement difficile alors que la pénurie de main-d’œuvre est déjà criante.

«Pour l’attraction des ressources, il va falloir revoir, je pense, les conditions d’exercice et les conditions de travail des intervenants de la protection de la jeunesse parce que l’exode ne fait que commencer, a-t-elle dit. Et ce n’est pas parce que les gens n’aiment pas leur travail.»

Les audiences sur la Côte-Nord sont terminées. Certains commissaires reviendront ultérieurement dans le cadre de forum organisé dans toutes les régions du Québec où les citoyens pourront s’exprimer.

Les audiences de la CSDEPJ vont reprendre à Montréal du 26 au 28 novembre, pour ensuite se diriger à Québec du 3 au 5 décembre.