/news/politics

La «tenue de ville» a un sens plus large en mode

Journal de Montréal

Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, ne tolérera plus que Catherine Dorion porte le coton ouaté au Salon bleu, puisqu’il ne s’agit pas d’une tenue de ville. 

Mais justement, qu’est-ce qu’une tenue de ville? Même un chroniqueur de mode comme Jean Airoldi en donne une définition assez large. 

«La tenue de ville est régie par un code vestimentaire exigé dans un cadre professionnel, que l’on nomme aussi “tenue de bureau”, résume-t-il. Le mot d’ordre est élégance, pour ne pas dire sobriété.» 

Le chroniqueur de mode le plus connu du Québec a une définition différente pour les hommes et les femmes. Pour lui, la cravate n’est pas essentielle alors qu’elle l’est au Parlement. 

Pour les hommes

«La tenue de ville pour homme est composée d’un complet (veston, pantalon), d’une chemise et parfois d’une cravate, mais pas obligatoirement, explique-t-il. Les chaussures sont importantes, elles doivent être classiques et surtout propres. On peut moderniser un look en choisissant des vêtements taillés plus près du corps.» 

Photo courtoisie

 À éviter selon lui : les couleurs et les motifs trop éclatants. Les vêtements de sport et le denim. 

Pour les femmes

Les femmes ont plus de choix, dit-il. «Entre le tailleur-jupe et le tailleur-pantalon, il y a aussi la robe qui couvre les épaules, le beau chemisier, le col roulé fin, le beau pull et encore une fois les chaussures fermées et distinguées. Les escarpins ont la cote.» 

Sur ces photos que nous a fait parvenir notre chroniqueur Jean Airoldi, hommes et femmes portent ce qu’on appelle dans le domaine de la mode des « tenues de ville ».

Photo courtoisie

Sur ces photos que nous a fait parvenir notre chroniqueur Jean Airoldi, hommes et femmes portent ce qu’on appelle dans le domaine de la mode des « tenues de ville ».

 À éviter: le décolleté trop plongeant, la jupe ultra courte, les bretelles fines et les épaules dénudées. Les vêtements décontractés et les vêtements de sport. 

 Le coton ouaté ne passerait donc pas le test, selon le chroniqueur. 

 «Les règles de l’Assemblée nationale concernant le code vestimentaire font état de tenue de ville et de tenue de circonstance», a déclaré mardi le président François Paradis. 

 Invité à se prononcer sur le cas précis du coton ouaté, «le t-shirt avec un slogan ou une tenue de sport ne font pas partie des tenues de circonstance», a-t-il dit. 

 «Tenue de circonstance, tenue de sport, ce n’est pas compatible», selon le président. 

 «Maintenant, ce sera appliqué», a-t-il prévenu. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Pour ce qui est du fait que Mme Dorion ait déjà siégé, par le passé, avec le même coton ouaté qui lui a valu de ne plus se sentir la bienvenue au Salon bleu, jeudi dernier, M. Paradis a laissé comprendre que cela n’avait tout simplement pas été porté à son attention auparavant. 

«Je ne peux que me rapporter à ce que moi j’ai vu au moment où j’étais sur le trône», a-t-il indiqué. 

C’était toutefois avant que certains députés se plaignent auprès de son cabinet, la semaine dernière. 

Le leader de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, avait ensuite invité M. Paradis à moderniser les règles, ce qui ne semble pas en voie d’être le cas, à moins d’un «consensus» de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale. 

La députée de Taschereau, qui a soigneusement évité les médias, mardi, portait en chambre un simple tricot, comme quelques députées des autres partis. Les autres élus de Québec solidaire étaient vêtus comme à l’habitude. 

 – Avec notre chroniqueur de mode, Jean Airoldi