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Commerce entre les provinces: le Québec dernier de classe

Agence QMI

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Alors que le Canada continue de négocier des ententes de libre-échange avec de nombreux pays, les provinces maintiennent en place des obstacles au commerce intérieur. Et le Québec serait le pire des élèves en la matière, c’est ce que révèle l’Institut économique de Montréal (IEDM) dans un classement des provinces canadiennes selon leur ouverture au commerce intérieur.

Selon Statistique Canada, les nombreuses barrières commerciales en vigueur au pays représentent un tarif douanier de 6,9 % que les provinces s’imposent entre elles. Certains économistes ont calculé que l’abolition de ces barrières pourrait ajouter de 50 à 130 milliards $ au PIB du pays, ce qui représente un gain de 3500 à 9200 $ par ménage canadien, chaque année.

«Les entraves au commerce entre les provinces sont très difficiles à justifier à leur face même. C'est encore plus frappant lors que l'on ajoute à cela leur coût très élevé économiquement», a déclaré Mark Milke, analyste à l'IEDM et coauteur du classement.

Pour établir un classement des provinces selon leur ouverture au commerce intérieur, Mark Milke a développé un indice de leadership en matière de commerce interprovincial. Cet indice classe les provinces en fonction du nombre d'exceptions à l'Accord de libre-échange canadien (ALEC) qu'elles ont mises en place. Ainsi, plus la note est basse et moins il y a d’entraves au commerce.

Avec un indice de 6, l’Alberta qui a le moins d’entraves se trouve au premier rang du classement, alors que le Québec est dernier de classe avec un indice de 35.

«L'Alberta a récemment décidé d'éliminer de façon unilatérale la plupart de ses exceptions prévues à l'ALEC ce qui contribue fortement à sa première position», a précisé Mark Milke.

La Colombie-Britannique et le Manitoba arrivent ex aequo au deuxième rang (avec un indice de 11), tandis que la Saskatchewan (13) obtient la quatrième place du classement. Le peloton de queue est formé du Nouveau-Brunswick (29), du Yukon (32) et du Québec (35), qui sont visés par le plus grand nombre d’exceptions.

Des pistes de solution

Pour améliorer leur note, l’IEDM propose plusieurs pistes de solution.

Dans un premier temps, l’Institut suggère que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux continuent de négocier et supprimer des exceptions prévues par l’ALEC. Les provinces et territoires devraient également avoir davantage recours au système de «passeport» de reconnaissance mutuelle. Une troisième solution consiste à ce que les provinces et territoires agissent de façon unilatérale, à l'instar de l'Alberta, en mettant fin aux barrières et règlements qui freinent la formation d’un marché intérieur véritablement libre.

Selon un sondage Ipsos réalisé en 2017 pour l’IEDM, neuf Canadiens sur 10 considéraient qu’ils devraient avoir le droit de transporter d’une province à l’autre tout produit acheté légalement.