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Le tiers des stocks de poissons en danger

Marie-Ève Dumont | Journal de Montréal

Baltic cod fish in Atlantic Sea Park in Alesund, Norway

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Plus du tiers des stocks de poissons au Canada sont en danger en raison des changements climatiques, révèle un rapport d’Oceana Canada.

L’organisme, qui œuvre à protéger les océans canadiens, a publié mercredi un rapport sur la situation des populations de poissons dans les eaux canadiennes.

L’organisation classe les stocks de poissons selon leur niveau de santé en trois catégories : sain, inquiétant ou critique.

Elle prend en compte la plus grande quantité de poissons qui peut théoriquement être pêchée sans que cela réduise considérablement la population de poissons à long terme.

« Ce qu’il y a d’inquiétant cette année, c’est que nous avons une augmentation du nombre de stocks de poissons qui sont dans une situation critique et une baisse de ceux qui sont sains », s’alarme Robert Rangeley, biologiste marin et directeur des sciences pour Oceana Canada.

Les poissons de fond comme la morue, de même que le maquereau ou encore plusieurs crustacés (crevettes, crabes des neiges) sont parmi les plus touchés à travers le pays.

Voici quelques détails sur la situation au Québec ainsi que des solutions proposées par Oceana Canada.

Des espèces en santé

Même si plusieurs populations sont en danger, il y a tout de même de bonnes nouvelles. Les stocks de sébaste du Québec, notamment, ont explosé dans les dernières années.

« Il y a beaucoup de jeunes poissons. Il faut bien gérer ces populations et éviter de les pêcher trop tôt. On pourra sûrement d’ici deux à cinq ans bénéficier de ces stocks de poissons sains alors que leur situation était critique il y a quelques années », souligne M. Rangeley.

Ajuster la pêche en conséquence

L’organisme est conscient qu’on ne peut pas renverser du jour au lendemain les effets des changements climatiques. Par ailleurs, il est possible de surveiller les populations de poissons et d’ajuster la pêche et les règles en fonction de ceux-ci pour assurer leur pérennité.

« C’est avantageux pour tout le monde de garder les populations de poissons en santé. Il y a des avantages économiques à le faire. C’est important pour la conservation des espèces, mais aussi pour la pêche, pour l’industrie et les communautés qui dépendent de ces stocks », insiste M. Rangeley.

Crevettes et morues menacées au Québec

Des stocks de crevettes au Québec sont à un niveau inquiétant et les populations de morues (photo) sont aussi grandement en danger, selon le rapport.

« Les changements climatiques ont des effets importants sur la vie marine au Québec. Les poissons sauvages dans les eaux du Québec et du golfe du Saint-Laurent sont touchés, même plus rapidement qu’ailleurs. L’eau se réchauffe, les niveaux d’oxygène baissent, c’est une vraie préoccupation », s’inquiète M. Rangeley.