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Projet de loi: Anticosti sera préservée à 100%

Charles Lecavalier | Journal de Québec

PHOTO D'ARCHIVES/SARAH BERGERON-OUELLET/AGENCE QMI

Le gouvernement Legault va déposer un projet de loi pour accélérer la création d’aires protégées, et compte préserver à 100 % le territoire de l’île d’Anticosti, a appris Le Journal.

Cette protection pour l’ensemble de l’île va clore pour de bon le débat sur l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures cachés dans le sol d’Anticosti. Québec a perdu une centaine de millions $ dans cette saga lancée par le gouvernement Marois. Ce geste va permettre de solidifier la candidature d’Anticosti pour figurer au patrimoine mondial de l’UNESCO, fait valoir une source près du dossier.   

L’objectif de la pièce législative est de créer plus d’aires protégées, plus rapidement, selon une source consultée par notre Bureau parlementaire. Depuis 2010, Québec doit protéger 17 % de son territoire continental et 10 % de son milieu marin avant la fin de 2020. 

Or «après les années d’inaction libérale», le compteur est bloqué à seulement 10 %, fait-on valoir. Pour donner un électrochoc, deux nouveaux statuts de protection et de conservation des milieux naturels seront créés : la réserve marine et l’aire protégée d’utilisation durable. 

Coupe forestière partiellement autorisée

Ce nouveau statut autorise certaines activités économiques – comme la coupe forestière – tout en protégeant la biodiversité. Sur le site du ministère de l’Environnement, on précise que «les deux tiers au moins de la superficie d’une aire protégée d’utilisation durable doivent se trouver dans des conditions naturelles et le rester», en se basant sur la définition de l’Union internationale pour la conservation de la nature. 

«Il ressort de cela que les espaces voués en bonne partie à une exploitation forestière commerciale ne constituent pas véritablement des aires protégées. Pour répondre aux critères, l’aire doit demeurer dans sa majeure partie (aux deux tiers) à son état naturel et ne doit pas comporter, notamment, de coupe ou de reboisement massif», indique-t-on. 

Autorité de gestion

Autre particularité, une «autorité de gestion» doit être mise en place pour chacune de ces aires protégées pour superviser l’usage des ressources naturelles, comme la coupe d’arbres ou la chasse, et l’usage du territoire.  

Il existe des exemples ailleurs au pays, comme le parc Algonquin en Ontario. Une source souligne en exemple les parcs de Black Creek Heritage Rangeland en Alberta, le Churn Creek Protected Area en Colombie-Britannique ou le Bladen Lakes State Forest aux États-Unis.