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La Cour suprême acquitte de nouveau une naturopathe

Agence QMI

La Cour suprême du Canada a rétabli, jeudi, l’acquittement d’une naturopathe montréalaise pour homicide involontaire au moyen d’un acte illégal et pour négligence criminelle. Le verdict a été entériné par cinq juges, tandis que deux autres ont exprimé leur dissidence.

L’accusée, Mitra Javanmardi, faisait face à ces accusations pour avoir administré une injection intraveineuse à un octogénaire qui a ensuite perdu la vie, Roger Matern.

Il est interdit pour les naturopathes de fournir un tel traitement au Québec, mais pas dans les autres provinces canadiennes. La pratique de la naturopathie n’est toutefois pas encadrée par l’Office des professions du Québec.

 

«Je ne peux pas nier que je suis un peu sidérée avec tout le fait que c’est un geste illégal ici et qu’on dirait que cela n’avait pas été pris en considération», a réagi la fille de M. Matern, Gabrielle, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Celle-ci espère que le Collège des médecins en viendra à encadrer la profession de naturopathe. «En Europe, ce sont des médecins qui sont spécialisés en naturopathie [...] et je crois que c’est un manque dans notre province de ne pas avoir [la même chose] pour garder le public en sécurité», a-t-elle fait valoir.

Mme Matern s’est battue en Cour pendant 11 ans. Les faits remontent à 2008, quand son père, souffrant de problèmes cardiaques a reçu l’injection d’un soluté de nutriments.

Ce dernier a presque immédiatement éprouvé un malaise et a finalement perdu la vie le lendemain de la consultation. Une des fioles utilisées était contaminée, a révélé l’enquête policière qui s’en est suivi.

Mme Javanmardi avait été acquittée en première instance après qu’il eut été estimé que cette dernière disposait des connaissances nécessaires pour effectuer une injection par intraveineuse. On faisait aussi valoir qu’elle avait fait preuve de précaution.

La Cour d’appel a toutefois renversé ce verdict, déclarant la naturopathe coupable d’homicide involontaire et ordonnant la tenue d’un nouveau procès pour le chef de négligence criminelle.

Jeudi, le plus haut tribunal au pays a toutefois rétabli les conclusions du jugement initial. Mme Javanmardi est ainsi acquittée des deux chefs auxquels elle faisait face.

L’avocate de la naturopathe, Isabel Shurman, a indiqué que sa cliente était «soulagée et prête à passer à un autre chapitre». Elle croit, elle aussi, qu’il serait grand temps que la profession de la naturopathie soit mieux encadrée au Québec.

«Nous avons l’exemple ici d’une situation qui a été criminalisée alors que ce n’était pas un crime, a-t-elle dit en entrevue à TVA Nouvelles. C’est une situation qui aurait pu être évitée avec une réglementation pour une personne hautement qualifiée [...] et hautement professionnelle qui a suivi toutes les règles de l’art dans l’administration d’une intraveineuse.»

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