/news/law

Elle attirait des jeunes pour son conjoint pédophile

Valérie Gonthier | Agence QMI

Une résidente du quartier Hochelaga à Montréal, qui attirait des enfants du voisinage chez elle pour satisfaire les pulsions pédophiles de son conjoint, a écopé de trois ans de détention.

«J’ai compris que c’est mal ce que j’ai fait, que ma relation avec lui était malsaine», a laissé tomber vendredi Caroline Curadeau, dans le box des accusés du palais de justice de Montréal, avant de reprendre le chemin des cellules.

C’est la femme de 40 ans qui invitait les enfants à la maison, pour ensuite les livrer en pâture à son conjoint.

Elle était au courant depuis quelques années de l’attirance sexuelle que l’homme avait pour les enfants de sept à neuf ans.

Parfois, les jeunes invités passaient la nuit chez Curadeau, avec le consentement de leurs parents. Mais ces derniers ignoraient que la femme et son conjoint en profitaient pour les agresser sexuellement.

Bonbons et surprises

Les victimes, des garçons âgés de six à neuf ans, ont été forcé à participer à des actes sexuels et à visionner des vidéos à caractère pédopornographique.

L’accusée était présente dans la pièce lors des agressions. Elle y a aussi participées à certains moments.

Après leur séjour chez l’accusée, les trois victimes retournaient chez eux avec des bonbons et des surprises.

Ce manège a duré plus d’un an, jusqu’à ce qu’un des garçons n’en parle à son père.

Troubles anxieux, hypervigilance, insomnie et peur constante. Les conséquences sont encore bien présentes chez une des victimes, a relaté hier la procureure de la Couronne au dossier, Me Amélie Rivard.

Peur d’être enlevé

Ce jeune doit en effet souvent conjuguer avec des crises de panique, en plus d’avoir de la difficulté à sortir seul. En classe, il délimite même un «périmètre de protection» avec des objets, peut-on lire dans un document déposé au dossier.

Le garçon dit aussi vivre avec la peur d’être enlevé «par vengeance suite à la dénonciation», mais aussi d’être reconnu «suite à la diffusion de vidéos».

Il a, depuis les événements, suivi des cours d’auto-défense.

La juge Flavia Longo, de la Cour du Québec, a retenu la peine suggérée par les avocats et a condamné Caroline Curadeau à une sentence de trois ans de détention. Incarcérée depuis l’an dernier, elle doit purger encore 15 mois de prison.

L’avocate de l’accusée a détaillé en Cour hier les nombreuses démarches entreprises par sa cliente afin de se reprendre en main.