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«La mémoire du cœur»: douceur et tendresse pour Renée Claude

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

L’ambiance était solennelle et respectueuse à la Maison symphonique, vendredi soir, où on rendait un magnifique hommage à la grande dame qu’est Renée Claude, aux prises avec la maladie d’Alzheimer.

Elles étaient 10 chanteuses parmi les plus en vue du Québec, accompagnées de 74 musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), sous la direction du chef Adam Johnson, et de l’ensemble Les Voix Boréales.

Ce fut un concert tout doux, rempli d’amour, vocalement impressionnant. Sans fausses notes, comme le méritait Renée Claude. Un spectacle où ont été mis en valeur de grands textes, parfois oubliés ou méconnus, écrits par de divines plumes (Venne, Vigneault, Desrochers, Plamondon, Conte, Tremblay et le géant Ferré), et incarnés par l’immense talent de la discrète Renée Claude au cours de sa carrière.

Catherine Major («Pendant que») Isabelle Boulay («Est-ce ainsi que les hommes vivent», «Ne tuons pas la beauté du monde»), Marie-Élaine Thibert («Si tu viens dans mon pays»), Marie-Denise Pelletier («Le tour de la terre»), Annie Villeneuve («C’est notre fête aujourd’hui»), Ariane Moffatt («Viens faire un tour chez moi»), Luce Dufault («Je recommence à vivre»): elles ont toute allié somptuosité et émotion, plus élégantes et renversantes les unes que les autres.

Moments cruciaux

On retiendra parmi les moments cruciaux le passage de Louise Forestier, s’appropriant avec coffre la touchante «L’amante et l’épouse» et répandant des frissons dans l’assistance sur l’immortelle «Avec le temps». Sublime moment, couronné, il allait de soi, par une ovation debout.

Clémence Desrochers fut vivement et longuement acclamée. Avant d’entonner «La ville depuis», elle a relaté son dernier tête-à-tête avec Renée Claude. «Elle m’a dit: "Clémence, je t’aime d’amour". Je suis chanceuse, hein?» C’est aussi à Clémence qu’est revenu l’honneur de lire un texte de Luc Plamondon dédié à Renée Claude.

Le trio formé de Marie-Denise Pelletier, Marie-Élaine Thibert et Luce Dufault, sur «Le début d’un temps nouveau», fut également réjouissant.

Stéphane Venne, architecte du parcours de Renée Claude, lié à sept de ses albums et «père» d’une soixantaine de titres de son répertoire, a été dignement applaudi lorsqu’il est arrivé sur scène.

«Je n’ai jamais eu autant de difficulté à écrire un texte», a avoué l’auteur, visiblement ému. «Renée Claude m’a mis au monde professionnellement et je lui dois ma vie d’ensuite. (...) Renée Claude sera pour toujours inoubliable. (...) Il faut lutter de toutes nos forces contre l’oubli.»

157 414 $ pour la recherche

Les profits de la soirée étaient destinés au Fonds de la recherche sur la maladie d’Alzheimer du Centre de recherche du CHUM.

Le montant amassé, 157 414 $, a été annoncé par l’animatrice Monique Giroux, dans un mot de bienvenue où il a été question de toute la tendresse que porte la communauté artistique à Renée Claude.

Sa maladie ayant atteint le stade sept, le plus élevé avant l’étape des soins palliatifs, Renée Claude vit maintenant dans un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et n’était pas présente vendredi soir. Son conjoint des 30 dernières années, Robert Langevin, était dans la salle, et avait offert une rose à toutes les chanteuses du concert, «de la part de Renée», a souligné Ariane Moffatt.