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Le constructeur du traversier F.-A.-Gauthier perquisitionné en Italie

Katia Laflamme | TVA Nouvelles

La police italienne a perquisitionné les bureaux de l’armateur Fincantieri, qui a construit le traversier F.-A.-Gauthier, qui relie Matane à la Côte-Nord.

Déjà en janvier dernier, TVA Nouvelles révélait que des soupçons de corruption, de fraude et d’abus de confiance planaient sur l’entreprise italienne.

La police italienne avait apparemment suffisamment de soupçons pour poursuivre leur enquête.

En tout, 19 bureaux et sous-traitants de Fincantieri ont été visés par cette perquisition et 34 personnes font l'objet d'une enquête pour corruption, fraude et exploitation de travailleurs étrangers.

L’entreprise Fincantieri affirme qu’elle va coopérer entièrement avec la police italienne.

Fincantieri a obtenu le contrat de construction du remplaçant du Camille-Marcoux à la suite d’un appel d’offres international. Les Italiens avaient déposé l’offre la plus basse à 148 millions de dollars, devançant leurs compétiteurs français et finlandais dont les projets étaient estimés à 160 et 154 millions de dollars.

Mais au bout du compte, en ajoutant les coûts de financement et l’achat de pièces de rechange, le F.-A.-Gauthier a couté 175 millions de dollars aux Québécois.

En septembre dernier, le gouvernement du Québec a mandaté la vérificatrice générale pour faire la lumière sur cette saga, incluant l’octroi du contrat à Fincantieri, les activités de surveillance de chantier et la gestion des ressources humaines de la Société des traversiers du Québec (STQ).

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, ne comprend pas pourquoi la Société des traversiers et le gouvernement du Québec n’ont pas encore intenté des recours contre la firme italienne.

«On s’est fait flouer et j’ai peine à croire que le gouvernement du Québec n’intente pas des recours à l’égard de ce chantier maritime pour tous les problèmes qui ont été occasionnés par leur manque de vigilance, de compétence, voire de négligence», a lancé le péquiste.

La STQ n’a pas voulu commenter cette nouvelle révélation puisque le dossier est maintenant dans les mains de la vérificatrice générale.