/news/currentevents

Le SPVM ne laisse pas les commentaires haineux sous silence

TVA Nouvelles

strixcode - stock.adobe.com

L’auteur d’un commentaire haineux ou menaçant sur la page Facebook d’un média n’est pas à l’abri des policiers derrière son clavier. Rapidement après avoir envoyé son message, il peut être interpelé grâce à l’intervention de l’équipe de cyberenquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Depuis le début de l’année, cette équipe a traité 20 dossiers liés à des commentaires écrits sous la page d’un article sur le site d’un média ou partagé sur les médias sociaux. Le SPVM maintient un très haut taux de succès d’identification de la personne.

«Nous prenons ces cas très au sérieux, avec urgence. C’est tolérance zéro sur les commentaires visant, par exemple, l’orientation sexuelle, la liberté religieuse, ou encore s’ils ciblent un pont, une université, une institution gouvernementale», a expliqué la superviseure de l’équipe de cyberenquête, Maya Alieh, dans une entrevue accordée à TVANouvelles.ca.

Les internautes qui lisent des commentaires haineux ou dangereux sur les médias sociaux peuvent en faire part directement aux autorités. Peu importe la provenance du message, si un signalement est fait dans la région de Montréal, le SPVM prend les actions nécessaires. L’équipe de cyberenquête vient alors en soutien aux enquêteurs.

«Le web est sans frontière, alors on y va en fonction de l’urgence, plutôt que de la délimitation du territoire», a assuré Maya Alieh, qui croit que la clé du succès réside dans la collaboration entre les différents corps policiers et autres organisations gouvernementales.

Cybercriminalité en hausse

Les publications haineuses sur les médias sociaux sont «définitivement en hausse», selon Maya Alieh. En fait, son équipe a traité pas moins de 860 dossiers en matière de cybercriminalité en 2019, une hausse de 30 % par rapport à l’année dernière.

Ces nombreux dossiers concernent des infractions au Code criminel sur le web, mais ces chiffres incluent aussi les réponses à des appels de détresse lancés sur les médias sociaux et transférés aux policiers. À l’échelle de la province, la Sûreté du Québec indique avoir reçu 1800 dossiers de cybercriminalité cette année.

Créée en septembre 2017 au sein de la section des crimes technologiques, cette équipe supporte le travail des enquêteurs du SPVM dans les dossiers qui impliquent le web, l’infonuagique et le «retraçage» de suspects.

«L’équipe de cyberenquête répondait à un besoin criant du côté des interventions. Nous avons aussi mis en place des formations sur les médias sociaux et les nouvelles technologies», a indiqué Maya Alieh.