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Une entente, deux interprétations: quel sera le salaire des médecins spécialistes?

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Le gouvernement Legault et les médecins spécialistes ont une entente de principe, mais l'interprètent différemment. Québec estime qu’ils se retrouveront à -9 % sous la moyenne canadienne, ce qui est contesté par la FMSQ.

«On est où on voulait être : dans la moyenne canadienne, pas en haut et certainement pas en bas», a lancé en après-midi la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) Diane Francoeur vendredi, lors d’une mêlée de presse à Québec.

 

Ce n’était pas la volonté affichée du premier ministre. Il martelait depuis plus d’un mois, comme l’avait révélé le Journal, qu’il souhaitait que la rémunération des spécialistes soit à -9 % sous la moyenne canadienne.

En soirée, le président du Conseil du trésor Christian Dubé a contacté le Journal de Québec pour donner sa version des faits.

«La seule chose que j'ai le droit de dire, c'est que moi, ce que je recherchais, c'est d'avoir cet écart. Je n'aurais pas conclu d'entente si je n'avais pas le -9 %. Si Mme Francoeur peut déclarer qu'elle a accompli ses objectifs, je sais que les nôtres le sont aussi», a-t-il souligné. Il n’a pas voulu dire si les tarifs pour les actes médicaux avaient été réduits.

Selon une source gouvernementale, les spécialistes redonneront 500 M$ par année à l'État de leur enveloppe.

La CAQ promettait en campagne de récupérer 1 milliard par année aux spécialistes. En début de semaine, ils n’exigeaient plus que 650 M$. Les spécialistes offraient de leur côté de remettre 400 M$. Les deux partis ne veulent pas en dire plus officiellement.

Une bonne partie de ces sommes provenaient toutefois de sommes non-utilisées dans l’enveloppe.

Soins pertinents

Diane Francoeur a annoncé qu’il y avait entente devant 1000 médecins spécialistes réunis à Québec au centre des congrès. «C’est la plus belle journée de mon mandat», a-t-elle affirmé. Les négociations se sont intensifiées lundi, après que le président du Conseil du trésor eut laissé planer la menace d’une loi spéciale.

Mme Francoeur estime que les médecins ont fait leur bout de chemin et que cela doit mettre fin au dénigrement de la profession. «Les sommes qu’on va remettre de l’enveloppe vont être utilisées pour la pertinence des soins», a-t-elle indiqué.

Les médecins s’engagent à réduire certains actes médicaux non nécessaires. Elle a cité en exemple les prescriptions pour des mammographies à des femmes de plus de 70 ans. Pour les assister, Québec va créer un Institut de la pertinence.

Acte de contrition

Elle a par ailleurs fait un acte de contrition. «Si le gouvernement se sent autorisé à nous attaquer, c’est peut-être parce qu’on leur en a donné l’occasion», a-t-elle reconnu. Elle a fait référence à une série d’articles du Journal sur formations de médecins dans des destinations soleil. «Les concitoyens qui en paient une partie prennent ça comme une insulte», a-t-elle dit.

«Une infime partie de nos membres nous font de l’ombre en utilisant le manuel de facturation dans toutes ses limites. Nous devons être à l’écoute de la population», a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé que les Québécois n’étaient pas en faveur d’une loi spéciale pour réduire le salaire des médecins spécialistes. «Un sondage Léger nous a dit que plus de 80 % des Québécois n’en veulent pas de loi spéciale. [...] C’est pas mal plus précis qu’un sondage Facebook», a-t-elle ajouté.