/news/culture

Yannick De Martino: à contre-courant

Léa Papineau Robichaud | Agence France-Presse

Jean-François Desgagnés | Agence QMI

L’univers unique de Yannick De Martino fera le tour du Québec dans les prochains mois avec la sortie de son premier spectacle solo intitulé «Les dalmatiens sont énormes en campagne».

L’humoriste, qui s’est fait connaître à «En route vers mon premier gala», un concours d’humour télévisé qu’il avait remporté il y a huit ans, effectuera trois premières médiatiques à Montréal la semaine prochaine.

«J’ai hâte! Je pense que j’ai plus hâte, que ça me rend nerveux, parce que je me sens prêt. Ces temps-ci, il y a des bouts de mon spectacle qui me viennent à l’esprit et je me dis: "Ah! Ça, j’ai hâte de le dire!"», lance d’emblée Yannick De Martino.

«Jouer à Montréal, c’est le "fun" pour moi qui habite à Montréal. C’est rare que je peux me rendre à mon spectacle en métro. Je me sens écologique: je ne pollue pas, je m’en vais faire un spectacle, je rends les gens heureux et la planète ne tombe pas malade à cause de moi», ajoute-t-il, sourire en coin.

Le titre particulier de son spectacle solo provient entre autres de son plaisir d’aller à contre-courant.

«J’ai regardé tous les spectacles d’humour et c’est bien à la mode ces temps-ci d’avoir un seul mot pour titre, souligne-t-il. L’autre truc que j’ai observé, c’est qu’il n’y a pas de titre de spectacle d’humour qui a une blague dedans. Donc, j’ai cherché dans mes notes la blague la plus courte. Je pense aussi que cette phrase-là exprime bien ce que je fais en général.»

L’anxiété, comme moteur

Le jeune homme de 30 ans aborde une panoplie de sujets dans son spectacle, mais un seul les lie un peu tous ensemble: l’anxiété.

«Je réalise que c’est ça qui me fait écrire. C’est un mal et un bien en même temps. Des fois c’est un bon stress comme ce que je vis présentement (en entrevue), des fois c’est vraiment un mauvais stress», souligne celui qu’on voit dans la série "Like-moi!" à Télé-Québec.

«Je parle un petit peu de la gestion de l’anxiété et c’est quoi l’anxiété dans le "show", ajoute-t-il. Par la suite, je pense qu’on comprend que toutes mes idées sont générées un peu par l’hyperactivité du cerveau.»

L’humoriste a construit son spectacle avec une certaine progression pour permettre au public d’apprendre à connaître son personnage de scène pour ensuite pouvoir proposer quelque chose qui va plus loin que ce qu’on a vu déjà.

«Je garde vraiment en tête que je parle autant à des gens qui ne m’ont jamais vu qu’à des gens qui m’ont souvent vu pour que ça rejoigne tout le monde. Je pense que dès le départ on est capable de comprendre quelle est la part du personnage et quelle est la part de l’humain», indique Yannick De Martino.

Philippe Brach pour metteur en scène

L’auteur-compositeur-interprète Philippe Brach s’est chargé de la mise en scène du spectacle. «D’avoir quelqu’un qui était à l’extérieur du milieu de l’humour, mais qui est quelqu’un de super créatif, ça faisait en sorte qu’on pouvait avoir des discussions sur la pertinence des textes. Ça permettait d’avoir des discussions différentes que quand tu te retrouves juste entre humoristes et que tu focalises plus sur le rire», explique le comique.

«Dans l’humour, il y a une musicalité et je pense qu’il m’a aidé avec mon rythme. C’était un de mes soucis de ne pas tout le temps avoir la même variation. Parce qu’un moment donné même si les blagues sont bonnes, tu ne veux pas devenir redondant dans la manière que tu livres les blagues», renchérit De Martino.

En plus de sortir son premier spectacle solo la semaine prochaine, Yannick De Martino planche présentement sur «Projet 2000», une nouvelle websérie de Louis Morissette et de Julien Lacroix qui sera sur Tou.tv en 2020. Il tourne également la cinquième saison de «Like-Moi!», qui sera présentée en primeur sur Club illico cet hiver.

Une construction de spectacle directement sur scène

Comme Yannick De Martino aime faire les choses à sa façon, il n'est pas étonnant d’apprendre qu’il a bâti «Les dalmatiens sont énormes en campagne» en partie sur scène.

«Mon premier jet est souvent sur scène et ensuite le deuxième jet et le peaufinage est plus à l’écrit. J’ai de la difficulté que mon premier jet ne soit pas sur scène. Tu ne peux pas être plus vrai qu’au moment où tu dis tes trucs sur scène», explique le comique à l’humour parfois bon enfant, parfois cartésien.

«Je reviens à l’anxiété, mais des fois quand tu es tout seul devant ton écran tu de dis: "«ça, c’est pas bon!" ou "ça c’est bon!". Tu te fies sur quoi à part ta propre perception qui peut être biaisée par le stress? En étant sur scène, je l’ai directement la réaction des gens», ajoute-t-il.

De Martino, qui semble avoir une imagination foisonnante, avoue qu’il avait assez de matériel pour écrire deux spectacles entiers.

«Un moment donné, ça a été de choisir ce qui était selon moi le plus intéressant, le plus pertinent, qu’est-ce qui m’allumait le plus de partager, indique-t-il. Moi, avant d’aimer faire des blagues, j’aime partager des idées. Des fois, si c’était juste une blague, je coupais ça alors que je gardais d’autres parties parce que je trouvais l’idée intéressante et j’aimais comment je l’exploitais.»

Au bout de différentes étapes de rodage et de travail avec Philippe Brach, son metteur en scène, le spectacle «Les dalmatiens sont énormes en campagne» est né.

Pour voir le résultat final, rendez-vous les 20, 21 ou 22 novembre au Club Soda, à Montréal.