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Les véhicules récréatifs en perte de vitesse?

Étienne Paré

 - Agence QMI

Close-up tail view of ATV quad bike. Dirty whell of AWD all-terrain vehicle. Travel and adventure concept.Copyspace.Toned

Stock Adobe

Si l'intérêt pour la motoneige et les tout-terrains est bien enraciné au Québec, l'industrie du véhicule récréatif n'est pas pour autant à l'abri du choc générationnel, les plus jeunes n'ayant pas forcément les mêmes habitudes et les mêmes intérêts que leurs parents.

Organisé pour la première fois de son histoire à Montréal, terre aride pour les amateurs de moteurs, le Salon national quad-motoneige réussit tout même à trouver son public cette fin de semaine. Mais parmi ceux qui viennent voir les nouveautés de Yamaha, Bombardier ou encore Polaris, il n'échappera à personne que les hommes grisonnants sont largement surreprésentés.

«Toute la législation ne favorise pas l’arrivée des jeunes», s’est désolé Danny Gagnon, directeur général de la Fédération québécoise des clubs quads, qui organisait le salon.

Pour l’heure, la vente de quatre roues se porte tout de même bien, dopée par la popularité du «côte à côte». Il n’en demeure pas moins que Danny Gagnon voit à long terme et qu’il travaille activement pour inverser la tendance chez les jeunes. Selon lui, plus on a la piqûre en bas âge, plus on a de chance d’adopter cette activité récréative tout au long de sa vie.

«Actuellement, l’âge minimal de conduite, c’est 16 ans. On travaille avec le gouvernement pour réduire l’âge. Il a des véhicules pour toutes les catégories d’âge maintenant. Donc pour la sécurité, il n’y a pas de problème et la formation est obligatoire», a avancé Danny Gagnon.

Les volontaires se font rares

Du côté de Quad Matawinie, un club qui loue des VTT et organise des périples pour les touristes dans Lanaudière, on n’observe pas une baisse d’achalandage chez les visiteurs qui sont dans la fleur de l’âge. Ce qui préoccupe davantage les administrateurs, ce sont beaucoup plus les difficultés qu’on éprouve pour recruter de nouveaux bénévoles.

«C’est plus difficile d’attirer des jeunes qu’il y a 15 ans. Les jeunes, c’est une culture différente: ils travaillent beaucoup, ils sont moins disponibles», a remarqué Jim Forbes, vice-président du club.

De la Gaspésie à l’Abitibi, les amateurs de quads, comme ceux de motoneiges, comptent sur des centaines de bénévoles pour l’entretien des sentiers.

Or, à la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, on commence aussi à manquer de bras.

«Il faut être créatif pour recruter des bénévoles. À certains endroits, on nous dit qu’il y en a trop alors qu’ailleurs, il en manque. On est donc en train de refaire le modèle d’affaires pour que le motoneigiste continue d’avoir un standard uniforme dans l’ensemble du Québec», a expliqué Marilou Perreault, directrice des opérations de la Fédération, qui n’impute toutefois pas ce phénomène à la jeunesse.

Des tendances à nuancer

Mme Perreault note plutôt qu’il y a actuellement un renouvellement de générations dans les relais. Elle constate même que les femmes sont de plus en plus attirées par ce loisir traditionnellement masculin.

«Il faut dire que la motoneige, c’est assez dispendieux et pour des enfants, ce n’est pas l’idéal. C’est donc normal qu’il y ait moins de gens d’un certain groupe d'âge. On voit beaucoup de très jeunes et des gens qui reviennent une fois que leur famille est bâtie», a-t-elle nuancé.

Les préférences des plus vieux en matière de «ski-doo» ne sont toutefois pas les mêmes que les plus jeunes. En quête de sensation forte, ces derniers optent beaucoup plus pour la motoneige hors-piste, délaissant le réseau public québécois, pourtant le plus gros en Amérique du Nord.

Face à ce courant, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec a tenu à faire une mise en garde.

«Souvent, on se rend compte que les gens qui font du hors-piste empruntent aussi les sentiers. Même si c’est sur un petit tronçon, ils ont besoin d’un droit d’accès. La loi est claire», a rappelé Marilou Perreault.