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Hongkong: grand incendie à l'entrée du campus où se trouvent les manifestants

Agence France-Presse

Des manifestants pro-démocratie ont incendié lundi matin l'entrée du campus hongkongais où ils sont retranchés pour empêcher une intervention de la police, qui menace de son côté de répondre avec des «balles réelles» aux «armes létales» des protestataires.

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Cette mise en garde des forces de l'ordre, adressée après qu'un policier eut été blessé dimanche au mollet par une flèche tirée par un manifestant, constitue une nouvelle escalade verbale dans cette crise politique sans précédent.

La Chine a maintes fois averti qu'elle ne tolérerait pas la dissidence, et l'inquiétude monte dans l'ex-colonie britannique face à la possibilité d'une intervention chinoise pour en finir avec un mouvement qui a débuté en juin mais atteint depuis quelques jours de nouveaux sommets de violence.

Plusieurs explosions très fortes ont retenti lundi à l'aube avant qu'un mur de flammes n'apparaisse à l'entrée de l'Université polytechnique de Hongkong (PolyU), désormais le bastion de la contestation.

La police a dit avoir tiré trois balles au petit matin près de l'université en précisant que personne n'avait été blessé.

Un blindé de la police a notamment été incendié par des cocktails Molotov alors que les forces de l'ordre tentaient de reprendre le contrôle d'un pont-passerelle enjambant les postes de péage du tunnel.

Aux abords du campus, les manifestants se protégeaient avec des parapluies des puissants jets d'eau des canons à eau de la police.

La police a qualifié le campus de «zone d'émeute» -la participation à une émeute est passible de dix ans de prison- et bloqué ses accès tandis que son porte-parole Louis Lau a adressé une sévère mise en garde sur Facebook.

«Je demande ici aux émeutiers de ne pas utiliser de cocktails Molotov, de flèches, de voitures ou d'armes létales pour attaquer les policiers», a-t-il dit. «S'ils poursuivaient des actions aussi dangereuses, nous n'aurions pas d'autre choix que d'utiliser la force minimale nécessaire, y compris les balles réelles, pour riposter».

Les policiers hongkongais portent des armes de service, mais ils n'en ont fait qu'un usage limité depuis le début de la contestation, lors d'incidents isolés. Trois personnes ont été touchées par des tirs à balle réelle, aucune mortellement.

Face aux groupes de protestataires jetant des briques et des cocktails Molotov, la police a privilégié les lacrymogènes, les balles en caoutchouc ou les canons à eau notamment.

«Blossom Everywhere»

La contestation était montée d'un cran lundi dernier avec une nouvelle stratégie baptisée «Éclore partout» («Blossom Everywhere»), qui consiste à multiplier les actions - blocages, affrontements, vandalisme - pour éprouver au maximum les capacités de la police.

Conséquence: un blocage quasi général des transports en commun la semaine dernière pendant cinq jours. Lundi, les écoles de la mégapole n'ont pas rouvert leurs portes.

Deux personnes ont été tuées depuis le début du mois.

Le président Xi Jinping a adressé la semaine dernière sa mise en garde la plus claire à ce jour, affirmant que la contestation menaçait le principe «Un pays, deux systèmes» qui a présidé à la rétrocession en 1997.