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«La jalousie n’est pas un signe d’amour, mais de contrôle»

TVA Nouvelles

Un homme de 38 ans de Salaberry-de-Valleyfield qui n’hésitait pas à dire de lui-même sur son Facebook qu’il avait un «caractère de mar**» aurait tué à l’arme blanche sa conjointe avec laquelle il était marié.

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Y avait-il des signes annonciateurs du drame dans cette relation amoureuse? C’est fort probable, avance la coordonnatrice du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

«Il y a souvent des signes avant-coureurs. Ce qui différencie un conjoint violent ou contrôlant d’un autre homme, c’est qu’il va tenter de centrer la victime sur ses propres besoins à tous les niveaux. Il tente souvent de contrôler les faits et gestes de la femme. Il ne sera pas nécessairement violent physiquement», nuance Louise Riendeau.

Jalousie

La directrice du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale explique comment la violence conjugale souvent insidieuse s’infiltre dans le couple.

«Quand on est face à un conjoint jaloux qui décide comment on doit s’habiller, que ça fait de la chicane quand on voit nos proches, qu’on n’a plus d’amis, c’est de la violence», soutient Louise Riendeau.

«La jalousie n’est pas un signe d’amour, mais de contrôle. Quand on n’est pas bien dans son couple quand on vit des choses comme ça, ça vaut la peine de vérifier en allant consulter des ressources spécialisées», appuie Mme Riendeau.

«Caractère de marde»

La victime de 49 ans vivait-elle de la violence psychologique et verbale? Si l’on se rapporte à une publication sur les médias sociaux du suspect, ce n’est pas impossible. Du moins, le Montérégien semblait avoir mauvais caractère.

À l’occasion de leur anniversaire de mariage en juillet 2013, le suspect aurait écrit sur Facebook «Quatre ans aujourd’hui que j’ai marié ma princesse. Merci mon amour d’être dans ma vie malgré mon caractère de marde et en passant, je t’aime plus que tu m’aimes mon ange. xxx», rapporte Le Journal de Montréal.

«Quand on parle violence conjugale, on pense violence physique, avoir été frappée. Il y a beaucoup de dénigrement, il y a tout un phénomène qui amène les femmes à douter d’elles, à penser qu’elles sont responsables, qu’elles créent les difficultés dans le couple. C’est beaucoup de  violence verbale, psychologique, de contrôle, de privation de liberté en fait», met en lumière Louise Riendeau.

SOS Violence conjugale

La directrice du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale explique qu’il est possible et simple de demander de l’aide de façon gratuite et confidentielle en contactant SOS Violence conjugale.

«Souvent quand les femmes ne vivent pas de violence physique, elles ne pensent pas à téléphoner. Des intervenantes vont les aider à évaluer leurs besoins. Il y a des centaines de maisons d’hébergement à travers le Québec. Même si les femmes n’ont pas besoin d’être hébergées, on va pouvoir les aider», fait savoir Louise Riendeau.

Le livreur de pizza qui aurait tué sa femme au terme d’une querelle se serait rendu de lui-même dans un poste de police de Montréal pour y confesser son crime. Il devrait comparaître demain au tribunal.

Vous avez besoin d'aide

Si vous avez besoins d’aide ou de conseils, contactez SOS Violence conjugale, 24 heures sur 24/7 jours sur 7, au 1 800 363-9010. Le service confidentiel est gratuit.