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La tête ensanglantée, les arbitres le laissent choir sur la glace

TVA Sports

Capture d'écran

L’Avalanche du Colorado était prise d'angoisse et en furie, samedi soir, après une victoire de 5-4 en prolongation contre les Canucks de Vancouver. Le résultat de la rencontre n'était que secondaire.

Une scène controversée a soulevé l’ire de la formation de Denver sur la séquence ayant mené au troisième but des Canucks, en troisième période. L’attaquant Matt Calvert est demeuré allongé au sol, la tête ensanglantée, après avoir été atteint par une rondelle. Le jeu s’est alors tout bonnement poursuivi, si bien qu’Alexander Edler a profité de la confusion pour marquer.

Les joueurs de l’Avalanche sur la patinoire, dont le défenseur Erik Johnson et l’attaquant étoile Nathan MacKinnon, ont pourtant fait plusieurs fois signe aux officiels d’interrompre l’action.

«C’est une cr... de blague, a pesté Johnson selon des propos relayés par The Athletic. Veux-tu protéger le gars? Il a une famille à la maison. Il gît sur la patinoire avec du sang qui coule de sa tête et ils n’utilisent pas leur cr... de sifflet? C’est une farce. C’est une farce et ils devraient avoir honte d’eux-mêmes [les officiels].»

Le règlement de la LNH indique que «lorsqu'un joueur est blessé et ne peut retraiter au banc, le jeu ne doit pas être interrompu tant que l’équipe dudit joueur n’a pas le contrôle de la rondelle». Par ailleurs, si l’équipe du joueur en question est en possession du disque au moment de la blessure, le jeu doit être arrêté à moins que ladite équipe soit en position de marquer.

Mais dans les cas où il est évident qu'une blessure sérieuse a été subie, stipule le règlement, l’arbitre ou le juge de ligne peut immédiatement mettre fin au jeu.

Les officiels ont ainsi un pouvoir discrétionnaire, ce qui laisse place à des zones grises.

«Je ne peux pas imaginer un autre sport dans lequel on laisse cela arriver, a déploré MacKinnon. Un joueur saigne du côté de la tête et gît sur la glace, inerte, et il n’y a pas de coup de sifflet. Je sais que c’est un moment important dans la rencontre. Ce n’est pas la faute de l’arbitre. C’est la faute de la Ligue. Si tu vois du sang, ou n’importe quel contact à la tête ou au visage, je crois que c’est dangereux et évidemment, c’est encore pire en raison du but accordé.

«En même temps, on criait avant qu’ils marquent : "Que se passe-t-il?" Matt Calvert est l’un des joueurs les plus durs avec qui j’ai joué et il ne fait pas la comédie pour obtenir l’arrêt du jeu. Personne ne ferait ça. C’est arrivé deux fois dans les deux dernières semaines. Je ne sais pas comment se porte Calvy. Je n’ai pas eu la chance de le voir.»

MacKinnon fait allusion à une situation similaire dont a été victime le défenseur Nikita Zadorov le 11 novembre dernier, dans une victoire de 9-4 de l’Avalanche contre les Predators de Nashville. Zadorov saignait de la bouche après avoir été frappé par une rondelle. Il est demeuré au sol pendant un moment avant de parvenir à retraiter au banc, et le jeu n’a jamais été stoppé.

Aux dernières nouvelles, aucune mise à jour n'avait été fournie quant à l'état de santé de Calvert, qui n'est pas revenu dans le match après l'incident, samedi soir.

«Et s'il était resté allongé et serait mort sur la glace? a demandé Johnson. Pour qu'un jeu en zone offensive se poursuive? C'est une blague. Ça doit changer. Si c'était un de leurs gars, je m'attendrais à la même chose.»