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Les producteurs de grains réclament une rencontre avec Québec

Agence QMI

Touchés par une neige hâtive qui affecte le rendement et la qualité du maïs et du soya, les Producteurs de grain du Québec (PGQ) ont réclamé, dimanche, une rencontre avec le gouvernement pour «identifier des solutions à la crise».

En plus d'avoir eu à composer avec un printemps tardif qui a entraîné des semaines de retard dans les semis, les agriculteurs ont vu leurs champs être ensevelis sous la neige la semaine dernière, alors que près des trois quarts de la production de maïs était toujours à être récoltée.

La situation est encore pire dans le soya, où 10 % de la récolte a été ensevelie sous la neige.

Pour cette raison, les PGQ demandent une rencontre d'urgence avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), ainsi qu'avec la Financière agricole, pour clarifier les programmes d'indemnisation pour les agriculteurs.

Notamment, la neige engendre des coûts supplémentaires, par exemple en ralentissant les récoltes, en endommageant la machinerie ou pour le séchage du grain, qui ne sont pas nécessairement couverts par les programmes d'assurance, a détaillé Benoit Legault, directeur général des PGQ, en entrevue avec l'Agence QMI.

Plusieurs agriculteurs voient aussi la qualité de leur maïs être déclassée, ce qui se traduit par une importante perte de sa valeur. Or, les assurances ne couvrent généralement que les pertes plus drastiques, par exemple si le grain devient invendable, a souligné M. Legault.

Selon lui, environ 75 % des producteurs de grains disposent d'une assurance. Ceux-ci peuvent néanmoins s'attendre à devoir absorber leur franchise de 20 % de la valeur de leur récolte. «20 %, sur une ferme qui a un chiffre d'affaires de 500 000 $, ça va vite», a-t-il rappelé.

«Des pertes importantes sont observées sur les superficies déjà récoltées, et d’autres s’ajouteront pour les superficies non récoltées. Une réelle détresse commence à se faire sentir sur le terrain», a pour sa part fait valoir le président des PGQ, Christian Overbeek, par communiqué.

L'organisation estime que la valeur du maïs cultivé annuellement au Québec atteint 675 millions $, contre 500 millions $ pour le soya.

TVA Nouvelles a contacté dimanche le cabinet du ministère de l'Agriculture,  qui s'est dit surpris par cette sortie publique des producteurs de grains du Québec.

En effet, vendredi dernier, le ministère leur avait déjà annoncé leur intention d'obtenir une rencontre d'urgence dans les plus brefs délais avec la Financière agricole du Québec.