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Manon Massé remet en question le marché du carbone avec la Californie

Marc-André Gagnon | Le Journal de Québec

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, remet en question la bourse du carbone que le premier ministre Legault s’apprête à aller défendre en Californie, lors d’une mission économique prévue dans trois semaines.

Ce rare voyage de François Legault à l’extérieur du Canada survient alors que l’administration Trump conteste en cour le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de GES mis sur pied en 2013 entre le Québec et la Californie.

L’Ontario, qui s’était jointe à ce marché du carbone en 2017, s’en est retiré l’an dernier, comme promis par Doug Ford.

Samedi, les membres de Québec solidaire réunis en congrès à Longueuil se sont également penchés sur la possibilité de militer pour que le Québec fasse de même en abandonnant le marché du carbone, advenant l’arrivée de leur parti au pouvoir.

«Nos membres n’ont pas décidé s’ils étaient pour la bourse du carbone», a résumé Mme Massé aux journalistes, dimanche matin. Québec solidaire privilégie plutôt des mesures «d’écofiscalité», dont la mise en place d’un système de plafonnement des émissions de carbone pur et dur, fonctionnant sous le principe de «pollueur-payeur».

Un système imparfait

«Actuellement, ce que le système de plafonnement permet, c’est à une usine comme celle de Port-Daniel de faire de l’argent sur le dos des crédits, de droits de polluer, ça ça n’a pas de bon sens», déplore Mme Massé.Somme toute, QS «n’est pas fermé» à l'idée d'un marché du carbone, mais la formule actuelle devrait être améliorée, selon elle.

Dans l'attente, «ce qui est important, c’est que le gouvernement du Québec continue d’avoir des revenus [provenant du marché du carbone] qui vont permettre de combattre les changements climatiques, mais il faut qu’il mette l’argent là-dessus», a dit Mme Massé.

Même si le premier ministre se rendra en Californie du 8 au 11 décembre pour, entre autres, défendre la bourse du carbone, Mme Massé doute de sa sincérité quant à la lutte aux changements climatiques.

«Je croirai [que] M. Legault [est] vraiment sincère pour lutter contre les changements climatiques le jour où il va dire : maintenant, on dit non à tout projet d’exploitation, d’exploration pétrolière ou gazière sur le territoire québécois», a indiqué la cheffe parlementaire de Québec solidaire.

«S’il veut défendre la bourse du carbone, qu’il crie haut et fort [...] que le principe de pollueur-payeur doit être là et, pollueur-payeur ne veut pas dire donner des permis gratuits aux grands pollueurs dont [Ciment] McInnis», a ajouté Mme Massé.