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Accusé de s'être fait livrer une poupée érotique de taille enfant

Kathleen Frenette | Journal de Québec

En mai 2017, un avocat de défense a fait livrer à son domicile personnel une poupée en silicone qui mesure un mètre, soit la hauteur d’un enfant de 5 ans, ce qui représente de la possession et de l’importation de pornographie juvénile selon les autorités.

C’est via un site chinois qu'Antoine Gagnon a trouvé sa nouvelle acquisition. Un achat que ses avocats, Me Gervais Labrecque et Me Kami Pelletier, n’ont pas contesté au premier jour du procès de l’homme de 31 ans.

«Le litige portera plutôt sur la nature et la preuve de la connaissance du matériel possédé qui s’est retrouvé chez lui», a spécifié Me Labrecque au juge Jean Asselin qui entendra l’affaire.

Boite interceptée

Appelé à témoigner, l’enquêteur au dossier, Olivier Simard, a déposé en preuve la poupée qui se retrouve au cœur des accusations et qui a été interceptée par les douaniers à Mirabel lors de la livraison.

Dans la boite, la tête, détachée du corps, était recouverte d’un sac contenant des accessoires. Une paire de bas mi-cuisses, une petite jupette blanche et bleu, une perruque de couleur rose. Les ongles d’orteils de la poupée sont peints en rouge.

L’objet est, selon la technicienne en identité judiciaire, Manon Lévesque, fait d’une matière «caoutchouteuse et malléable».

«La poupée est faite d’un genre de silicone qui s’étire. C’est mou et ferme au touché. On peut aussi lui donner une forme, comme s’il y avait un squelette de métal à l’intérieur pour pouvoir la placer», a-t-elle ajouté.

Les mesures exactes de l’objet ont aussi été exposées au président du tribunal, comme la longueur des jambes, le tour de taille et celui des hanches.

Recherche internet

La preuve présentée par la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Valérie Lahaie, a aussi fait état de recherches effectuées sur un portable MacBook que les policiers ont trouvé chez l’ancien avocat.

Six mots clés ont été utilisés par le technicien en extraction de données du SPVQ, notamment le nom de la compagnie qui vend la poupée ou encore les mots «skeleton» et «silicone» qui figurent à la description du produit.

«Nous avons ainsi obtenu plusieurs résultats correspondant à ces mots-clés», a expliqué le technicien Claude Poulin.

Le procès est prévu pour deux semaines.

Chronologie

19 mai 2017: La boite en provenance de la Chine arrive au Québec.

23 mai 2017: La police de Québec prend le colis en charge.

8 juin 2017: Le colis est remis à l’accusé lors d’une livraison contrôlée.

- 1h30 plus tard, le SPVQ a effectué une perquisition au domicile de l’accusé et récupéré la poupée.

6 septembre 2017: Des accusations de possession et d’importation de matériel pornographique juvénile sont portées contre Antoine Gagnon.