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En cour martiale pour une agression sexuelle alléguée dans un party de Noël

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Journal de Québec

Une membre des Forces armées canadiennes soutient s’être sentie «violée dans [son] intimité» quand un supérieur lui aurait touché une fesse et lui aurait ensuite soufflé à l’oreille qu’elle était «fucking hot» lors d’un party en décembre 2018.

Le procès en cour martiale du major Éric Duquette, un membre de la Force régulière de la 2e escadre de Bagotville, a débuté lundi matin. 

L’officier a plaidé non coupable aux accusations d’agression sexuelle, de comportement préjudiciable au bon ordre et à la discipline et de mauvais traitement à l’égard de subalterne, qui sont portées contre lui, pour des faits à l’égard d’une seule personne. 

La victime présumée, première personne à être entendue à titre de témoin dans le cadre de ces procédures, a soutenu que le major lui a touché la fesse gauche alors qu’elle lui tournait le dos sur la piste de danse lors d’un party de Noël sur la base militaire. 

Contrariée et «sous le choc», la femme, dont l'identité fait l'objet d'une ordonnance de non-publication, a relaté s’être retirée de la piste pour faire part à son conjoint de l’incident, avant de retourner danser.  

«Déstabilisée»

«Un peu avant 23 h, j’étais dos au DJ et le major Duquette est venu se coller de tout son long sur moi, devant moi, et il m’a dit à l’oreille: "t’es fucking hot"», a-t-elle poursuivi dans la salle de classe transformée en cour de justice pour l’occasion, dans un bâtiment militaire de Bagotville. 

Le major ne serait plus revenu vers elle ensuite. 

«Je me suis sentie vraiment déstabilisée, violée dans mon intimité, et aussi, j’étais vraiment fâchée. J’étais vraiment déçue, triste, parce que je ne pensais pas que malgré toutes les histoires que l’on entend dans les forces — je ne m’attendais pas à ce que ça m’arrive aussi gratuitement», a-t-elle affirmé pendant l’interrogatoire de la procureure de la poursuite, la majore Cormier. 

En contre-interrogatoire, l’avocat de la défense, Me Charles Cantin, a soulevé que la victime aurait, dans une déclaration verbale faite à un autre supérieur quelques jours après cette fête, dit qu’elle était «ivre au moment des événements».  

«J’en doute», a répondu la femme, dont le contre-interrogatoire se poursuit en après-midi. 

Le juge militaire et lieutenant-colonel Louis-Vincent d’Auteuil siège seul dans cette cour martiale dite «permanente». Cela signifie que, à la différence de la cour martiale générale, où un comité joue un rôle similaire à celui d’un jury, il décide seul de tous les verdicts et impose la sentence, le cas échéant.

Invité par Le Journal de Québec à commenter les accusations qui sont portées contre lui, le major Éric Duquette a décliné.