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Plus d’un tiers des personnes tuées par la GRC sont autochtones

Agence QMI

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Plus d’un tiers des personnes tuées par balle par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont autochtones, selon des documents internes obtenus par le «Globe and Mail».

Selon une note de synthèse rédigée à l'intention du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, en décembre 2017 et obtenue grâce à la Loi sur l’accès à l’information, les agents de la GRC avaient tué 61 personnes à travers le Canada entre 2007 et 2017. Dans 22 de ces cas, la victime était autochtone.

D’après les chiffres du recensement de 2016, les Autochtones ne représentent que 4,6 % de la population canadienne.

Douze décès, soit 20% du total, ont eu lieu sur une réserve ou dans une communauté autochtone. Plusieurs Autochtones ont également été tués «hors réserve» - dans des villes comme Yellowknife, Burnaby ou Golden, en Colombie-Britannique, indique la note.

Elle explique aussi que cette proportion élevée - 36% - reflétait surtout le rôle de la police fédérale comme unique service d’ordre dans des centaines de communautés autochtones à travers le Canada.

«Il peut sembler disproportionné que 36% des fusillades mortelles impliquant des membres de la GRC concernent des sujets autochtones», lit-on dans la note.

«Cependant, la GRC ne ressemble à aucun autre service de police canadien en ce sens qu'elle dessert plus de 600 collectivités autochtones (environ 67% des détachements de la GRC desservent des collectivités autochtones.)»

Ce haut taux inquiète les dirigeants des Premières Nations. «Trente-six pour cent des personnes tuées par la GRC sont des membres des Premières nations? C’est totalement inacceptable », a indiqué au quotidien torontois Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations, en promettant de soulever la question directement avec la commissaire de la GRC, Brenda Lucki. Nous appelons à une action immédiate pour mettre fin au massacre de notre peuple. C’est un taux extrêmement disproportionné.»

Le chef autochtone demande maintenant plus de transparence en ce qui concerne les données sur le recours à la force de la GRC, puisque la note de service de 2017 ne fournissait pas de contexte plus détaillé, comme la proportion d'Autochtones tués provenant d'une réserve sécurisée par la GRC.

La GRC a déclaré au «Globe» qu'elle ne conservait pas de données détaillées, ni de statistiques fondées sur l'ethnie dans les incidents ayant mené au recours à une arme à feu.