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Un importateur de vin retourne en guerre contre la SAQ et le gouvernement

Jean-Michel Genois-Gagnon - Le Journal de Montréal

Quebec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Julia Wine envisage de nouveau des recours judiciaires contre la Société des alcools du Québec (SAQ) et le gouvernement au sujet de la réglementation sur l’affichage des appellations pour les vins d’épicerie.

« À ce jour, la SAQ nous interdit toujours de façon cavalière d’inscrire correctement sur nos bouteilles la région d’où proviennent nos vins », déplore au Journal le président de Julia Wine, Alain Lord Mounir, qui dit mener cette bataille pour les consommateurs.

En 2016, l’importateur de vin avait envoyé une mise en demeure au procureur général du Québec afin qu’il modifie la loi pour que les gens puissent connaître les appellations, soit la région d’où provient le produit, ainsi que le cépage des vins disponibles dans les épiceries et les dépanneurs.

Les mois suivants, les parlementaires québécois avaient voté à l’unanimité une motion visant à apporter ces modifications. L’étiquetage complet étant jusque-là réservé aux vins disponibles sur les tablettes de la SAQ.

Certains points dans le règlement sur les modalités de vente des boissons alcooliques par les titulaires de permis d’épicerie empêchent toutefois toujours Julia Wine de vendre ses produits avec un affichage complet.

Pas de sens

« Aux États-Unis, un pinot noir de l’Oregon ou de la Californie n’a pas le même goût. On devrait pouvoir afficher l’endroit et pas juste les États-Unis », avance M. Mounir.

« Cela n’a pas de sens de mettre les consommateurs dans l’ignorance. Je n’ai pas le choix d’envisager des recours. Au Québec, c’est la seule place au monde où c’est comme ça. Même à Cuba et en Chine on peut mettre les appellations sur les bouteilles », poursuit-il.

Aujourd’hui, l’homme d’affaires a publié une vidéo sur la chaîne YouTube de son entreprise pour dénoncer cette situation. Il espère que des modifications soient apportées rapidement à la réglementation afin d’éviter que le gouvernement dépense des fonds publics dans une bataille judiciaire.

Pour la question des cépages, M. Mounir précise que ce dossier est réglé.

À la SAQ, on dit appliquer à la lettre la réglementation en vigueur – elle a aussi été modifiée en 2016 – pour les vins de table qui ne peuvent pas « être désignés sous le nom d’un lieu ou d’une aire géographique » protégés par une appellation d’origine contrôlée. Ce vin vendu en épicerie doit être « désigné sous le nom de son pays d’origine ».

« Nous traitons tous nos partenaires de façon équitable. Nous essayons de fournir le plus d’informations aux consommateurs en fonction de la réglementation », répond le porte-parole de la SAQ, Mathieu Gaudreault.

Déclasser

Du côté de M. Mounir, on se défend d’offrir des vins de table. « Je ne vends pas ce type de vins. J’ai un certificat d’origine qui vient avec chaque produit. C’est la SAQ qui me demande de déclasser les vins. C’est illégal », répond le président.

Au Québec, c’est la SAQ qui est responsable d’approuver l’étiquette sur les bouteilles de vins vendus à l’extérieur de son réseau. Les vins Julia Wine sont disponibles chez IGA et Costco.

La Régie des alcools des courses et des jeux, qui est responsable de l’émission des permis et de l’encadrement de l’industrie, n’a pas voulu commenter nous renvoyant au ministère de l’Économie et de l’Innovation.