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Des veaux d'ici qui ne se vendent plus euthanasiés

TVA Nouvelles

Les producteurs de lait du Québec commencent à ressentir les contrecoups de l’accord de libre-échange signé avec l’Europe. Des milliers de veaux d’ici sont euthanasiés faute de trouver preneur sur un marché pris d’assaut par les importations du Vieux-Continent.

Michel Frigon, un producteur de lait du Lac-Saint-Jean, a récemment lancé un cri du cœur au journal «La Terre de chez nous», spécialisé dans l’actualité agricole. Il dénonce l’importation massive de viande de veau de l’Europe pendant que les bêtes de chez nous, elles, sont euthanasiées.

«On a un surplus de veaux dû à cet accord et à ces importations. Nos veaux ne se vendent plus, ce n’est pas compliqué. Le dernier que j’ai envoyé, j’ai eu un chèque de 2,40 $, moins une facture de transport de 25 $», déplore le producteur.

M. Frigon estime qu’il perdra environ 10 000 $ de revenus cette année en raison de la décision des négociateurs de «laisser rentrer n’importe quoi au pays».

Le président des Producteurs de bovins du Québec, Claude Viel, confirme que l’ouverture des frontières a un véritable impact sur les producteurs de veaux, qui sont incapables de vendre leurs animaux dans les encans.

«Les veaux qui ne sont pas dans les critères spécifiques souhaités par les acheteurs, ils restent souvent sur les côtés, confirme-t-il. C’est un problème récent parce qu’avant, on n’avait pas ce problème-là. L’ouverture des frontières a eu impact.»

Selon l’organisation, ce sont 5000 petits veaux qui vont finir à l’abattoir ou euthanasiés cette année seulement. Le libre-échange n’est pas le seul irritant ciblé par les producteurs de lait : plusieurs acheteurs ont tout simplement abandonné l’élevage des petits veaux de lait en raison des contraintes d’élevage associées à la règlementation gouvernementale sévère qui engendre des investissements importants pour le bien-être animal.

Les Producteurs de bovins s’acharnent actuellement à trouver de nouveaux marchés pour les veaux invendus.