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Déchirements rouges à l’horizon

Antoine Robitaille

Comme les combats extrêmes, rares sont les campagnes à la chefferie qui se font sans effusion de sang (au sens figuré bien sûr).

Mais il y a des affrontements plus durs que d’autres. Pensons au choc Chrétien-Martin au PLC.

La course qui s’entame au Parti libéral du Québec s’annonce particulièrement éprouvante pour cette vieille formation politique qui n’a peut-être jamais connu autant de difficulté.

Rizqy renonce

Elle sera dure, même si une combattante redoutable, Marwah Rizqy, a finalement annoncé hier qu’elle ne serait pas en lice (tout en soulignant son appui à l’éventuel candidat Alexandre Cusson).

Pourtant, à la fin de l’été, on ne la croyait plus lorsqu’elle soutenait être en réflexion. Un organisateur, Alexandre Bibeau, avait été approché. Des réunions s'étaient tenues.

L’argent ne semblait pas tant un obstacle. Du moins pour le montant initial de 60 000 $, trouver 120 personnes prêtes à cracher 500 $ dans les réseaux de l’avocate, prof en droit fiscal, ne serait pas un si grand défi.

Le 9 août, en entrevue avec Caroline St-Hilaire et Maka Kotto à Qub, elle avait carrément dit qu’il ne restait que la date de l’annonce à fixer.

Mais l’automne a tout brouillé. Les obstacles ont soudainement semblé plus imposants. Les rapports avec plusieurs membres du caucus du PLQ, déjà ardus, se sont détériorés.

Après avoir accordé une entrevue, le 4 novembre, au micro de Dutrizac à Qub à propos de «PLQ inc.», ouvrage de notre Bureau d’enquête, Mme Rizqy a, selon plusieurs sources, essuyé des tirs de bazooka de la part d'élus libéraux du clan Anglade (le tiers du caucus).

«Notre Martine Ouellet»

Depuis son élection, Rizqy agace souverainement certains de ses collègues en raison de son franc-parler, mais aussi de son insistance pour que le PLQ coupe radicalement avec les années Charest-Couillard. Des libéraux l’appellent ouvertement «notre Martine Ouellet» pour son opiniâtreté.

Fin janvier, elle proposait que son parti s’excuse formellement pour l’«austérité» à la Leitao. Elle y renoncera, non sans lancer: «Mon nom, c’est Rizqy, donc je prends des risques et, oui, j’assume mes propos.»

En mai, elle faisait une sortie en règle contre les Anglade, Barrette et Proulx, adversaires potentiels à la chefferie, pour leur passage à l’ADQ ou à la CAQ. Sur le virage raté du clan Anglade vers la laïcité, elle confiait son «profond malaise» avec «les gens qui marchandent leurs valeurs». Elle s’excusera pour le caractère «inutilement dur» de ses propos, mais ne les reniera jamais. Ce qui lui vaut une inimitié sans borne dans le clan Anglade.

Hier, Rizqy a en quelque sorte devancé l’annonce d’Alexandre Cusson et a semblé se présenter d’emblée comme sa lieutenante. Le maire de Drummondville, sur les réseaux, n’a pas semblé mal le prendre, se disant même «honoré» de l’appui, tout en soutenant poursuivre sa réflexion.

Une question doit le tenailler: «Ai-je vraiment envie de me retrouver au centre de la guerre de tranchées Anglade-Rizqy?»

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