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Le major Éric Duquette nie en bloc et s’effondre en larmes

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Le major Éric Duquette a défendu bec et ongles sa réputation jusqu’à fondre en larmes, mardi, en cour martiale, où il fait face, entre autres, à une accusation d’agression sexuelle.

À Bagotville, le haut gardé, qui cumule près de 30 années d’expérience au sein des Forces armées canadiennes, a livré une version contraire en tout point à celle de la présumée victime, dont les confidences ont aussi mené au dépôt d’accusations de comportement préjudiciable au bon ordre et à la discipline et de mauvais traitement à l’égard de subalterne.

Cette femme, d’un grade inférieur et dont l’identité est protégée, lui reproche de lui avoir touché une fesse, de s’être collé contre elle et de lui avoir dit qu’elle était «fucking hot» lors d’un party de Noël en 2018.

«Jamais arrivé»

Interrogé par la défense, l’accusé a rejeté une à une les allégations formulées. «Ce n’est jamais arrivé, que ce soit tapage, flattage, agrippage, [avec] une main, deux mains, main gauche, main droite, chuchotage», a affirmé l’officier supérieur d’un ton ferme.

De même, il n’a pas été repoussé par la présumée victime sur la piste de danse, il ne lui a pas dit des mots déplacés à l’oreille, et il n’a pas consommé d’alcool à outrance, a-t-il certifié. Quant à sa conjointe, elle a passé, comme lui, une soirée «merveilleuse», selon lui.

Duquette risque l’expulsion des Forces armées canadiennes et même une peine d’emprisonnement, selon les chefs, s’il est déclaré coupable.

Devant le juge, il a soulevé la «gravité» des accusations, leurs conséquences pour lui, et a mentionné avoir été «dans l’incompréhension totale» lorsqu’il en a pris connaissance.

Le projet d’une mutation en Italie qui semblait sur le point de se concrétiser il y a un an et à laquelle il accordait une «importance immense» semble depuis compromis, a-t-il expliqué.

Au bout de 28 minutes, il a éclaté en sanglots en déclarant : «j’ai été obligé d’annoncer à mes enfants que j’avais des allégations d’agression sexuelle», ce qui a forcé la tenue d’une pause.

Contre-interrogatoire

Lors de son contre-interrogatoire, le major a tout au plus admis qu’il se souvient «vaguement» d’avoir dansé près de la présumée victime.

En avant-midi, la poursuite avait invité deux conjointes de militaires à témoigner, dont les identités sont aussi soumises à une ordonnance de non-publication.

Elles ont notamment déclaré avoir vu l’accusé s’adonner à un attouchement au niveau du postérieur de la présumée victime lors de la soirée litigieuse, appuyant ainsi le témoignage de cette dernière.

Leurs récits pourraient néanmoins permettre à la défense de soulever des contradictions. L’une d’elles a par exemple affirmé qu’il y a eu contact avec la fesse droite de la militaire, soit l’inverse de ce qui a été déclaré par celle-ci.

«Moi, j’ai vu des filles l’esquiver, se regarder et se tasser», a aussi prétendu l’une d’elles, au sujet du major.

Les procédures se poursuivent mercredi alors que la défense entend présenter d’autres témoins, notamment la conjointe de l’accusé.

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