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L’incertitude plane toujours sur l’avenir du Groupe Capitales Médias

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

L’avenir de Groupe Capitales Médias (GCM) est encore loin d’être assuré: Desjardins n’étant plus de la partie, le Fonds de solidarité FTQ remet maintenant en question sa participation au projet de coopératives, qu’appuie malgré tout le gouvernement.

«Si tout va comme prévu, le séquestre va présenter [mercredi] une offre de la coopérative, et je voulais dire aujourd’hui que le gouvernement supporte cette offre-là», a annoncé le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en marge du caucus de l’aile parlementaire gouvernementale, mardi après-midi.

Or, le projet ne semble plus tenir qu’à un fil. En effet, le montage financier n’est «pas du tout» attaché, a résumé M. Fitzgibbon, devant la presse parlementaire.

Desjardins passe son tour

À 24 heures de la présentation devant un juge du projet de coopératives par le syndic de faillite, la Fédération des Caisses Desjardins a confirmé qu’elle ne serait pas partenaire.

«Après l’analyse du dossier, il a été décidé de ne pas participer au montage financier», a expliqué la porte-parole du Mouvement Desjardins, Chantal Corbeil.

Mme Corbeil précise que cette information a été communiquée le 8 novembre dernier au ministre Fitzgibbon, à la FTQ, de même qu’au promoteur.

«Desjardins ne s’est jamais engagé dans ce dossier. Donc, il est faux de dire que nous nous sommes retirés de ce projet», a-t-elle souligné.

Desjardins demeure toutefois intéressé par une participation dans un éventuel fonds d’aide qui viserait «l’ensemble de l’industrie des médias écrits plutôt qu’une approche par projet», a fait savoir Mme Corbeil.

Fondaction reste

«Nous avons été avisés qu’un partenaire important s’était depuis retiré. Cela remet en question la participation du Fonds dans la mesure qu’un montage financier complet et viable est conditionnel à l’investissement du Fonds», a réagi le porte-parole du Fonds de solidarité FTQ, Patrick McQuilken.

«Le projet proposé par le promoteur nous convient toujours», a indiqué pour sa part Julie Cailliau, du Fondaction CSN.

«Il est possible qu’il n’y ait pas de transaction de clôture, ça, c’est important de le mentionner», a prévenu le ministre Fitzgibbon, qui espère malgré tout une conclusion heureuse d’ici la fin de l’année.

«Rien de confirmé»

«Actuellement, il n’y a rien encore de confirmé, a commenté dans le même sens François Legault. [...] On tient à ce que les journalistes gardent leurs emplois.»

Après avoir effacé une dette de 15 M$ à GCM, le ministre Fitzgibbon n’écarte pas la possibilité d’allonger quelques millions de plus afin d’assurer la survie des six quotidiens régionaux.

La somme serait toutefois inférieure à celle de 5 M$ qui a été accordée par le gouvernement Legault vers la fin de l’été.

Les syndiqués «toujours confiants»

«On est toujours confiants parce que, justement, on pense qu’on a la meilleure offre, et ça sera au juge de décider», a commenté le président du syndicat de la rédaction du Soleil, Jean-François Néron.

«Le moral est bon parce que si notre offre est acceptée, a-t-il ajouté, c’est une aventure qui est grisante [...] pour tous, parce qu’on va se réapproprier cette entreprise-là.»

«On a besoin d’un autre journal à Québec. Il faut que Le Soleil reste. On a besoin d’une diversité d’opinions», a commenté brièvement le maire de Québec, Régis Labeaume.

- avec la collaboration de Stéphanie Martin