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L'ONU «préoccupée» par les grâces de Trump aux militaires

Agence France-Presse

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a vivement critiqué mardi la décision du président américain de gracier trois militaires américains accusés de crimes de guerre, la qualifiant de «signal inquiétant».

«Nous sommes très préoccupés par les grâces récemment accordées par le président américain à trois militaires américains accusés de crimes de guerre», a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

«Ces trois cas concernent de graves violations du droit international humanitaire, avérées ou présumées», a-t-il souligné.

Vendredi, Donald Trump a gracié le premier lieutenant Clint Lorance, condamné pour avoir ordonné en 2012 de tirer sur un groupe de trois civils afghans, dont deux sont morts. Cet officier a déjà effectué six ans de prison sur les 19 années de sa peine.

Il a également gracié Matt Golsteyn, un ancien membre des Bérets Verts, unité d'élite de l'armée américaine, accusé du meurtre prémédité en 2010 d'un taliban soupçonné de fabriquer des bombes.

Enfin, le président américain a annulé la décision de rétrograder Edward Gallagher, un soldat membre d'une autre unité d'élite, les Navy Seals, accusé d'avoir poignardé à mort en Irak un jeune détenu de l'organisation État islamique, et d'avoir exécuté d'autres civils.

Edward Gallagher a été blanchi en juillet de la plupart de ces accusations, mais condamné pour avoir posé avec d'autres Seals pour une photo le montrant avec le cadavre de ce jeune détenu.

Le Haut-Commissariat est «troublé» par les grâces accordées par le président américain, a relevé le porte-parole, Rupert Colville, soulignant que les grâces «vont à l'encontre de la lettre et de l'esprit du droit international qui exige que les responsables rendent des comptes».

«Je ne crois pas qu'il y ait eu des grâces de ce type aux États-Unis depuis la guerre du Vietnam «, a-t-il dit.

Le porte-parole s'est dit particulièrement préoccupé par la grâce accordée à M. Golsteyn avant même que la procédure pénale ne soit conclue.

«Des grâces existent en droit international et elles permettent de régler des cas d'injustice, mais dans les cas présents, aucune circonstance n'a été invoquée qui pourrait les motiver autrement que par la volonté d'éviter le processus juridique», a-t-il déclaré. «Ces grâces envoient un signal inquiétant aux forces militaires du monde entier».

Ces grâces ont également été critiqué par d'anciens responsables militaires américains.

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