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Poupée enfant érotique: une fouille moins étoffée en raison du statut d'avocat de l'accusé

Kathleen Frenette | Le Journal de Québec

En 2017, sur une courte période de trois mois, l’ancien avocat de Québec qui s’est fait livrer chez lui une poupée sexuelle en provenance de la Chine a effectué des milliers de recherches sur Internet en lien avec l’objet convoité.

Antoine Gagnon savait très bien ce qu’il faisait le 17 avril 2017 lorsqu’il s’est rendu sur un site de vente pour commander une poupée érotique à l’allure enfantine.

C’est du moins la prétention de la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Valérie Lahaie, qui a continué, mardi, d’exposer sa preuve au juge Jean Asselin.

Du fantasme à la réalité

À l’aide d’un document très graphique, l’enquêteur principal au dossier, Olivier Simard, est venu expliquer à la Cour «le chemin» qui a mené Gagnon du désir à l’acquisition de sa poupée.

«Le jour de l’achat, entre 5h et 5h17 du matin, 63 pages web ont été visitées sur deux sites de ventes. Ces pages étaient en lien avec des poupées sexuelles», a dit le policier en ajoutant qu’après l’achat, «douze autres pages avaient été visitées».

Un peu plus tard en journée, sur l’heure du midi, quatre visites ont été effectuées sur des sites web qui vendaient des poupées «d’apparence enfant».

Deux jours plus tard, une visite a été faite sur un site web où l’on y voit des poupées miniatures de 65 centimètres, et des vidéos d’hommes matures utilisant l’objet.

«Moi-même, comme enquêteur, je suis habitué... J’ai vu plusieurs choses, mais, je dois avouer que ça, j’ai trouvé ça particulier», a-t-il ajouté.

Suivi du colis

Dans les jours suivants, l’achat, l’enquête a également démontré que Gagnon a fait «le suivi» grâce au numéro de traçage fourni par la compagnie de livraison.

Il a aussi effectué des recherches en lien avec l’affaire Kenneth Harrisson, un homme de Terre-Neuve alors accusé de possession de pornographie juvénile à la suite de l’achat, en 2013, d’une poupée sexuelle de la taille d’un enfant.

Rappelons que lundi, lors de l’ouverture du Procès, l’avocat de la défense, Me Gervais Labrecque avait laissé entendre au président du Tribunal que, selon lui, le cœur du litige se situait au niveau de la «nature de pornographie juvénile» de la poupée et de « la connaissance par l’accusé cette nature».

Historique spécifique des recherches d’Antoine Gagnon sur une période de trois mois

121 recherches web de vente de poupées sexuelles d’apparence adolescente.

18 recherches web de vente de poupées sexuelles d’apparence enfant.

16 recherches de site pornographique web ou vidéo impliquant des relations sexuelles avec des poupées miniatures.

16 recherches de sites publient des photos d’enfants et de jeunes ados en tenues légères. 6 de ces sites renvoient à des forums ou des blogues qui font la promotion de photos d’enfants.

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