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SNC-Lavalin faisait peu de vérifications sur la corruption

Jean-François Cloutier | Bureau d'enquête

Joël Lemay / Agence QMI

Même si SNC-Lavalin s’était dotée d’une politique détaillée qui interdisait la corruption, bien peu de vérifications qui étaient vraiment faites au sein de l'entreprise, selon une ex-cadre.

Marie-Josée Bérubé, ex-responsable de la gestion des agents commerciaux chez SNC-Lavalin, a détaillé mardi certaines pratiques de la firme dans les années 2000.

Mme Bérubé témoignait au procès de Sami Bebawi, un ancien vice-président de l’entreprise accusé de fraude et de corruption en lien avec des contrats en Libye.

La Couronne reproche notamment à Bebawi d’avoir autorisé le versement de pots-de-vin à Saadi Kadhadi, le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en échange de lucratifs contrats pour SNC-Lavalin.

Mme Bérubé a précisé mardi que le principal agent rémunéré par SNC-Lavalin pour obtenir des contrats en Libye était une société offshore des Îles Vierges britanniques, un paradis fiscal, du nom de Duvel Securities. Son représentant était un avocat en Suisse.

«M. [Riadh] Ben Aïssa [un ex-cadre de SNC déjà reconnu coupable de corruption] était le pont entre l’agent et nous», a-t-elle expliqué.

Marie-Josée Bérubé a affirmé que Ben Aïssa, qui relevait de Sami Bebawi, était en général réticent à révéler avec qui il faisait affaire en Libye pour obtenir des contrats. «M. Ben Aïssa ne souhaitait pas que j’entre en contact avec les agents», a-t-elle expliqué.

Son travail à elle se bornait à s’assurer que les conventions de paiements d’agents à l’étranger aient reçu l’approbation d’un vice-président divisionnaire, a-t-elle dit.

«La personne qui choisissait l’agent [avec qui SNC-Lavalin faisait affaire à l’étranger] était la personne qui validait ou qui faisait les vérifications requises pour la sélection de cet agent», a-t-elle affirmé sous serment.

Le procès de Sami Bebawi, prévu pour encore plusieurs semaines, se poursuivra mercredi.

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