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Un ex-patron exige 9 M$ de l’État

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Chantal Poirier / Le Journal de Montréal / Agence QMI

L’ex-patron de BCIA Luigi Coretti vient d’intenter une poursuite de 9 millions $ contre l’État pour avoir, selon lui, mal ficelé son dossier criminel qui s’était terminé par un arrêt des procédures.

«Cette poursuite criminelle [...] lui aura fait subir près de sept années d’ostracisme social, d’humiliations, de pertes financières, d’exclusion professionnelle, de vindicte populaire», se plaint Luigi Coretti dans une poursuite civile rendue publique mardi au palais de justice de Montréal.

Coretti, 54 ans, est surtout connu pour avoir été au cœur d’un scandale politique, lorsqu’il avait mis à la disposition de l’ex-ministre libéral Tony Tomassi une carte de crédit de sa firme de sécurité.

Cette fois, il en a contre les accusations de fraude, fabrication de faux et usage de faux, déposées en 2012 en lien avec sa défunte entreprise en sécurité BCIA.

Le dossier avait toutefois traîné, au point où il avait demandé l’arrêt des procédures en raison des délais déraisonnables. Mais il n’a jamais dû la plaider, puisque la Couronne a mis fin au dossier le jour où elle devait être entendue, en novembre 2016.

Dans sa poursuite, il explique avoir été accusé, entre autres, en raison d’allégations de fausses représentations et pour avoir gonflé la valeur de son entreprise.

La Sûreté du Québec aurait fait savoir à ses avocats qu’elle disposait de deux rapports juricomptables qui auraient prouvé sa culpabilité, mais les données n’auraient jamais été rendues disponibles à la défense.

Preuve douteuse

«Pendant toute la durée des procédures, [la Couronne] et la SQ n’ont divulgué qu’une partie de leur preuve supposément concluante, soit des déclarations assermentées contestables», peut-on lire dans le document de cour.

Coretti accuse également la Caisse Desjardins des policiers et policières ainsi que la Caisse Desjardins d’avoir «collaboré de mauvaise foi [...] à la confection du dossier de l’accusation», ce qui lui aurait causé de graves préjudices. En ajoutant les dommages subis, la perte de sa réputation et les pertes de salaires, entre autres, il estime mériter 9 millions $.

À moins d’un règlement à l’amiable, la poursuite sera prochainement présentée à un juge de la Cour supérieure du Québec.

Extraits de la poursuite

«Le stress, la contrainte sociale, l’insécurité financière et l’ostracisme social seront pour longtemps des obstacles au redressement financier et personnel [de Luigi Coretti].»

«Il paraît indéniable que le dossier [...] ne reposait pas sur une preuve recevable.»

«[La preuve [...] ne pouvait raisonnablement justifier la mise en accusation.»

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