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Exposition «Origine»: dans le subconscient de Stéphane Rousseau

Samuel Pradier | Agence QMI

Stéphane Rousseau expose enfin ses toiles. Le vernissage de sa première exposition, baptisée «Origine», avait lieu, mercredi soir, à la galerie d’art Yves Laroche, à Montréal, où sont accrochées une vingtaine d’œuvres de l’humoriste jusqu’au 14 décembre.

Stéphane Rousseau semblait plutôt serein, quelques heures avant d’accueillir les premiers invités à son tout premier vernissage. «C’est un stress très différent d’une première de spectacle, car le travail est fait, je ne peux plus rien changer. Mais c’est surtout la concrétisation d’un rêve. J’avais envie de montrer mes tableaux aux gens. On me l’a proposé plusieurs fois par le passé, mais j’attendais d’être prêt. Je suis donc très heureux et très fébrile», a-t-il confié.

 

Il a choisi d’exposer ses plus récentes oeuvres à dominante noir, blanc et doré, un style qui tranche avec ce qu’il faisait auparavant et qui était beaucoup plus coloré. «Je mettais beaucoup de couleurs. À un moment, j’en avais tellement dans mon atelier que je n’en pouvais plus. J’ai tout mis de côté et je me suis obligé à trouver autre chose. Je voulais me réinventer en me mettant des restrictions. C’est difficile, mais ça permet de mieux maîtriser le message. J’ai l’impression que c’est plus précis que ce que je faisais avant.»

L’humoriste dessine depuis plusieurs décennies. Son travail au fil des ans et ses nombreux voyages l’ont inspiré pour définir son style. «À force de dessiner, je pense avoir réussi à trouver ma propre signature, qui est forcément teintée de mes voyages. Les arts mexicains, innus, amérindiens ou le "street art" me parlent aussi beaucoup. Je suis assez content d’avoir trouvé une iconographie qui me ressemble.»

Démarche thérapeutique

Le titre de cette première exposition, «Origine», est porteur de plusieurs symboliques pour l’artiste. «J’aime beaucoup traiter le subconscient, que j’essaie de peindre. L’homme se pose beaucoup de questions depuis la nuit des temps. J’ai aussi toujours dessiné. Avant de faire des blagues, j’ai commencé par tremper mes mains dans la gouache. Enfin, le titre est aussi en référence au fait qu’il s’agit de ma première exposition personnelle.»

Ses tableaux, la plupart d’assez grands formats, sont très denses avec une profusion de détails, de petits personnages ou animaux qui s’entrelacent pour en former des plus grands. On sent un souci minutieux du détail chez l’artiste.

«À la base, il y a les questionnements humains. On se pose constamment des questions sur notre passé, notre futur, nos choix, sur la maladie, la mort... On se crée aussi souvent de fausses peurs. C’est ce que j’essaie de mettre de l’avant dans cette exposition. C’est une manière de faire la paix avec mes démons et mes monstres intérieurs. Mes toiles sont moins torturées qu’avant, car mes démons avaient tendance à me gruger. Aujourd’hui, ils m’accompagnent davantage. Je sais que je les ai, mais je suis plus serein.»

S’il expose ses œuvres actuellement, Stéphane Rousseau n’a toutefois pas tourné le dos à la scène. «Les trois dernières années, j’avais besoin de recul. Je voulais réfléchir avant d’avoir quelque chose à raconter. Il ne faut pas que je me trompe si je reviens. L’envie et le goût de remonter sur scène arrivent petit à petit, il y a aussi des sujets dont j’ai envie de parler. J’écris et je suis là-dessus en ce moment.»