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Les usagers de la STM privés d'autobus en raison d'un cafouillage

Yves Poirier | TVA Nouvelles

Des employés payés à ne rien faire des journées complètes à la Société de transport de Montréal; des tablettes vides censées contenir des pièces de rechange pour les autobus cet hiver; des tâches confiées au privé; et un nouveau système informatique destiné à l’entretien des bus qui créerait du cafouillage.

Dans une sortie en règle sur les ondes de TVA Nouvelles mercredi, Gleason Frenette, président du Syndicat du transport de Montréal qui représente des 2400 employés à la STM, tenait à informer les usagers du transport en commun des raisons qui expliquent l’absence au quotidien de centaines d’autobus sur le circuit.

«Nous avons beaucoup de problèmes avec la mise en fonction d’un nouveau système informatique. Ce qui fait en sorte que les commandes de travail ne sortent pas. Les pièces destinées à la réparation des autobus ne sont pas au rendez-vous non plus. On a donc beaucoup de travailleurs syndiqués qui perdent énormément de temps en attente de pièces pour réparer les autobus», affirme M. Frenette. Il déplore que certains employés puissent passer de six à huit heures à ne rien faire tout en étant payés.

C’est le temps de l’année à la STM où on reconditionne de nombreuses pièces qui serviront à remplacer les pièces brisées. «Normalement, à ce temps-ci de l’année, on reconditionne de nombreuses pièces mécaniques et on les entrepose dans l’éventualité où on aura à réparer des autobus durant la période hivernale, ce qui est souvent le cas en raison du froid. Il y a toujours une forte demande en hiver. Présentement, les tablettes sont vides. Habituellement, on a beaucoup d’équipement prêt à être utilisé pour les réparations d’urgence, mais là nous ne les avons pas.»

Des employés payés à ne rien faire

«Les employés des centres de réparation attendent les pièces. Il y a des journées où il y a des attentes de six à huit heures. Nos membres syndiqués sont inquiets. Étant donné que la STM n’arrive pas à offrir un service d’entretien adéquat, on transfère certaines de nos tâches que nous avons toujours faites au privé.»

Selon le syndicat, 1272 autobus étaient disponibles mercredi matin versus 575 autobus qui n’étaient pas sur la route. «Pour le service normal, on en a besoin de 1425. Pourtant l’an dernier, dans le cadre des négociations qui sont maintenant réglées, l’employeur nous avait amené devant le Conseil des services essentiels. La STM plaidait alors que pour maintenir un service normal, ça prend 1350 autobus sinon la population n’a pas le service auquel elle a droit. Dans le passé, on souvent blâmé nos syndiqués de faire des moyens de pression, mais là, on a une excellente convention collective et le discours que je livre aujourd’hui ne consiste pas à faire peur. On veut donner l’heure juste aux usagers et leur dire que nos travailleurs sont dans l’attente de réparer les autobus. Ils sont payés à ne rien faire dans certains secteurs», se désole M.Frenette.

En réaction, la STM affirme qu’avec la réouverture du Centre de transport St-Denis dans les premières semaines de janvier 2020, la STM gagnera en efficacité et en capacité. «Notons que trois autres centres de transport sont présentement en agrandissement, ce qui occasionne temporairement une diminution de la capacité d’entretien, mais permettra, à terme, de l’augmenter.»

Un nouveau système informatique

«Par sa complexité, cela entraîne un certain ralentissement du rythme de travail et une période d’appropriation par les équipes. La STM est consciente que ces démarches de transformation ont des répercussions, mais demeure persuadée qu’avec la collaboration et l’expertise de ses employés et de ses équipes de gestion, elles porteront ses fruits et amélioreront dans des délais raisonnables tant l’organisation que le service bus.»