/news/society

Les enfants maltraités doivent attendre l’aide de la DPJ jusqu’à 226 jours

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Le gouvernement du Québec fait attendre jusqu’à 226 jours les enfants signalés à la DPJ, déplore la Vérificatrice générale, qui croit que ce délai va s’aggraver si rien n’est fait.

«Les enfants n’ont pas accès rapidement aux services dont ils ont besoin pour que la situation qui compromet leur sécurité ou leur développement soit corrigée. Le délai moyen entre le signalement et le début de l’application de mesures pour corriger cette situation varie de 158 à 226 jours», révèle la VG Guylaine Leclerc dans son rapport annuel déposé mercredi à l’Assemblée nationale.

Ces révélations vont ajouter de l’eau au moulin de la Commission Laurent sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, qui reprend ses travaux le 26 novembre.

C’est la région de l’Estrie qui a la pire liste d’attente, à 226 jours. Mais il ne s’agit que d’une photo, et le portrait va s’enlaidir, prévient Mme Leclerc.

«Si on prend en compte le fait que le nombre de signalements ne cesse d’augmenter, le délai d’attente risque de perdurer et même de s’aggraver, si rien n’est fait», écrit-elle. Le nombre de signalements a augmenté de 27 % entre 2013 et 2019.

«Lorsqu’une personne signale une situation au DPJ, c’est généralement qu’elle juge qu’il y a au motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant peut être compromis. Plus le délai d’accès aux services pour corriger la situation est long, plus le risque que la situation de l’enfant se détériore augmente», souligne-t-on dans le rapport.

Autre constat qui «augmente les inquiétudes du VG» : environ 20 % des enfants ayant fait l’objet d’un signalement non retenu feront l’objet d’un nouveau signalement dans les 12 mois qui suivront.

Des normes vieilles de 30 ans

Ce n’est pas tout : le ministère de la Santé «n’a pas déterminé si les normes de pratique clinique utilisées en protection de la jeunesse sont toujours adéquates». Cette question est pertinente puisque les normes utilisées datent de 1988.

Les DPJ sont également blâmées, car elles ne «repèrent pas certains indices de risque, tel que la récurrence des signalements pour un même enfant», apprend-on. «En effet, les DPJ des trois établissements audités n’effectuent pas de contrôle particulier lorsque le nombre de signalements d’un enfant est élevé».

Dans la même catégorie