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Lizzo en tête des nominations aux Grammys

Agence France-Presse

Avec huit nominations aux Grammy Awards, la chanteuse américaine Lizzo arrive en tête des récompenses de l'industrie musicale américaine, marquées par la diversité et une forte présence féminine.

La truculente Melissa Jefferson, de son vrai nom, devance les deux autres révélations de l'année, la chanteuse Billie Eilish et le rappeur Lil Nas X, avec 6 nominations chacun.

Lizzo (31 ans) et Billie Eilish (17 ans) ont été toutes deux nommées dans les quatre catégories reines, enregistrement de l'année (pour la production), chanson de l'année (pour l'écriture), album de l'année et meilleur nouvel artiste.

C'est un vent nouveau qui pourrait souffler sur les Grammys qui seront décernés le 26 janvier à Los Angeles: les nominations 2020 sont dominées par deux artistes qui ont percé cette année, même si elles sont dans le circuit depuis plusieurs années.

Lizzo et Billie Eilish incarnent également deux styles très éloignés l'un de l'autre. D'un côté Lizzo la pétillante jeune femme noire, aux clips colorés et aux éclats de voix, de l'autre Billie Eilish, l'ado blanche et son univers sombre, sa voix douce et entêtante.

Les deux artistes représentent aussi, chacune à leur manière, le mélange des genres musicaux. Lizzo puise ainsi dans le rap, la pop dansante, ou la soul. A ses débuts à Houston, elle a même fait partie d'un groupe de rock.

«Ça a été une année incroyable pour la musique et je suis reconnaissante d'en avoir simplement fait partie», a tweeté mercredi la charismatique Lizzo.

Joueuse de flute traversière, rappeuse, chanteuse, danseuse, l'artiste venue de Houston a signé récemment quelques-uns des sons les plus accrocheurs, comme «Juice» sorti en décembre 2018, après «Truth Hurts» (2017).

Outre ses chansons, son succès est en partie dû à son énergie communicative, qu'elle relaye inlassablement sur les réseaux sociaux.

Elle dit avoir été encouragée à transmettre ce positivisme dans sa musique par Prince, avec qui elle a collaboré après avoir quitté Houston pour Minneapolis, au début des années 2010.

Femme noire, indépendante, Lizzo a dit avoir opéré un virage artistique avec son album «Cuz I Love You», décidée à s'ouvrir davantage au monde et à se mettre à nu.

Auteure, elle a co-écrit tous les titres de l'album, décidée à réconcilier la puissance de ses performances scéniques avec ses enregistrements en studio, dans lesquels elle était jusqu'ici trop en retenue, selon elle.

Désormais superstar, Lizzo est aussi devenue un porte-drapeau de la diversité physique, revendiquant ses formes et se mettant en scène dans un registre de séduction dans ses vidéos.

«Je fais ça pour que les petites filles n'aient pas à avoir peur d'être montrées du doigt pour leur physique», a-t-elle expliqué au magazine Rolling Stone.

«Cette critique du corps dans les médias nous empêche d'avancer», a-t-elle ajouté, «mais ça ne me retient pas, moi.»

Ces nominations sont une bénédiction pour la Recording Academy, l'organe de représentation des professionnels de la musique aux États-Unis.

Régulièrement critiquée, l'organisation avait engagé une série de réformes pour favoriser la diversité de ses membres et du palmarès des Grammys.

Cette année, la liste des nominations est ainsi dominée par les femmes. Outre Lizzo et Billie Eilish, Ariana Grande (5 nominations), Beyoncé et la chanteuse H.E.R. ont également tiré leur épingle du jeu.

Quant à Lil Nas X, héros improbable de 2019 avec son tube «Old Town Road», il est aussi un représentant de la diversité, car l'un des très rares rappeurs à s'être déclaré ouvertement homosexuel.

Rappeur noir, il a aussi secoué le monde très blanc de la country, qui a tardé à accepter la chanson comme l'une des siennes.

Si Ariana Grande a rebondi après avoir été boudée l'an dernier dans les catégories majeures, c'est un nouveau revers pour Taylor Swift, qui n'a recueilli que trois nominations.