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Remboursement des lunettes pour enfants: seulement 3% des dossiers révisés

Patrick Bellerose | Le Journal de Québec

PHOTO SIMON CLARK

Seuls 900 des 31 000 remboursements accordés pour les lunettes ou lentilles cornéennes d’enfants de moins de 18 ans ont fait l’objet d’une révision manuelle, un système vulnérable à la fraude selon des experts.

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Un véritable «bar ouvert» pour les fraudeurs

«On fait référence ici à des vérifications manuelles supplémentaires qui ont été nécessaires à l'égard de demandes vérifiées par le système qui ont été jugées en écart», écrit le cabinet du ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant. Sur les 900, seulement 45 dossiers ont été jugés suspects et font l’objet de vérifications approfondies.

L’attachée de presse de M. Carmant précise que «toutes les demandes font l'objet d'une vérification systémique», mais la nature de ce contrôle est «une information confidentielle».

«Bar ouvert» pour les fraudeurs

Le remboursement de 250$ pour l’achat d’une paire de lunettes pour un mineur, mis en place en septembre dernier par le gouvernement Legault, constitue un véritable «bar ouvert pour les fraudeurs, selon des experts en cybersécurité contacté par notre Bureau parlementaire.

Les parents n’ont qu’à entrer le numéro d’assurance-maladie du parent et de l’enfant, ainsi que le numéro de TVQ de l’optométriste.

«Même pas besoin de facture avec la CAQ. Frauder le gouvernement, c'est simple, simple, simple», a raillé le député solidaire Sol Zanetti au Salon bleu.

Éviter la bureaucratie

Le gouvernement Legault explique que cette approche vise à éviter une bureaucratie trop lourde. «On aurait pu mettre une cinquantaine de fonctionnaires pour vérifier, regarder les factures, regarder la TVQ», a répliqué le ministre Carmant en Chambre.

«Nous, on a des systèmes informatiques, on a de l'intelligence artificielle, on a les données qu'on veut demander aux citoyens. On n'a pas besoin de leur demander. Nous, les systèmes se croisent, les systèmes se parlent.»

«Je ne pense pas que 50 fonctionnaires feraient mieux le travail que ce qu'on a actuellement sur le terrain», a-t-il ajouté.

De plus, Québec peut vérifier la validité d’une demande de remboursement pendant une période de cinq ans, à l’image d’une déclaration de revenus, fait valoir M. Carmant.

«Tout est là dans le système pour éviter la fraude», assure-t-il.

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