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Faute de traversier, il va travailler sur la Côte-Nord avec son avion

Katia Laflamme | TVA Nouvelles

L'incapacité de la Société des traversiers du Québec (STQ) d'offrir un service de liaisons fiables depuis près d'un an à la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout pousse certains utilisateurs à user d'ingéniosité pour atteindre l'autre rive du fleuve Saint-Laurent.

Billy Gauthier demeure dans la Matapédia, et comme plusieurs résidents du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, il travaille sur la Côte-Nord, plus précisément à Port-Cartier.

Depuis huit ans, il utilise le traversier pour se rendre à son travail.

Or, ces 12 derniers mois, il doit composer avec les déboires de la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout.

Comme plusieurs, il fondait beaucoup d'espoir avec l'arrivée du navire de relève, le «Saaremaa 1».

Cependant, depuis deux mois le service est plus qu’inefficace avec ce bateau. La STQ a été contrainte d’annuler de nombreux départs en raison des conditions météorologiques difficiles et de certains bris.

Pendant ses temps libres, Billy Gauthier s’adonne à sa passion: l’aviation. Il possède d’ailleurs son propre avion, un Cessna 172.

Après des mois d’annulations et de retards de la traverse, il en avait assez. «Un matin, je me suis levé et je me suis dit: "c’est assez, on va perdre nos jobs"», a-t-il lancé à la caméra de TVA Nouvelles.

Craignant de perdre son emploi en raison de ses absences au travail, occasionné par le service déficient du traversier, il a décidé d’utiliser son avion pour traverser l’autre côté du fleuve.

Il fait l’aller-retour Mont-Joli–Pointe-Lebel depuis deux mois, et certains collègues ont eux aussi profité de ce service de cette «navette privée». «J’ai appelé de mes chums pour savoir s’ils voulaient embarquer et on est partis», a raconté M. Gauthier.

Mais avec l'arrivée de l'hiver, il doit remiser son appareil et s'en remettre à la STQ pour pouvoir se rendre au boulot.

Billy Gauthier souhaiterait que la STQ maintienne la desserte aérienne mise en place pour pallier les manquements du «Saaremaa 1», tant que le «F.-A.- Gauthier» n'est pas remis en service.